Journal de campagne

Journal de Campagne NoBillag Romandie

Première période du 18 octobre au 12 novembre

La campagne a été officiellement lancée le 18 octobre lors de l’annonce de la Chancellerie fédérale de la date de votation de notre initiative : cela se déroulera le 4 mars 2018 en parallèle de la votation sur le nouveau régime financier 2021.

Doris

Le même jour, la Conseillère fédérale, Mme Doris Leuthard annonçait le projet de mise en application de la nouvelle LRTV votée en 2015 et qui avait passé de justesse la rampe, en réunissant une majorité historiquement faible de 50.01%, soit quelques 3000 voix d’écart. Le message de la ministre est centré sur la baisse de la redevance pour les ménages à 365.- par année, soit un coût symbolique de un franc par jour. Plus surprenant, la ministre annonce vouloir plafonner les dépenses de la SSR, grande bénéficiaire du système (elle touche à ce jour plus de 90% de la redevance). Une main est tendue envers les médias privés qui demandaient depuis toujours une plus grande part du gâteau. Tout est symbolique et purement politique : l’idée étant de faire un bon geste vers les citoyens et les médias privés mécontents. La réalité de ces « améliorations » est tout autre : les entrées d’argent vont augmenter suite à l’élargissement de la redevance du fait que tout ménage ayant accès à internet se voit maintenant imposé. De plus, dans l’ensemble les entreprises voient leur facture augmenter en ayant désormais une taxe basée sur leur chiffre d’affaire. A des fins évidentes de communication, le département a exempté les plus petites d’entre elles mais le mal est fait : les entreprises paieront plus et nous avec…

Finalement les entrées de la redevance augmenteront pour la société civile mais, par un jeu comptable et de communication diablement efficace, Madame Leuthard se donne une image de réformatrice rigoureuse. Notre rôle sera de le dénoncer : c’est de la pure communication.

Notre campagne a donc été lancée. Principalement sur les réseaux sociaux qui nous offrent une liberté de parole et d’interactions avec les gens que nous ne pouvons atteindre avec les médias traditionnels. Nous publions des articles dans quelques journaux mais les journalistes des chaines publiques et les politiciens ont clairement le dessus sur ces canaux.

Les réseaux sociaux offrent cependant un défi de communication : nous devons vivre avec des commentaires de partisans qui n’ont pas le même soucis d’éthique du débat que nous souhaitons avoir. Contrairement aux dire de M. Tornare, conseiller national, nous constatons cependant que notre revendication n’est pas le fait de quelques « crétins » ou « d’extrémistes » mais d’une frange importante de la population qui voit clairement l’aberration du système actuel. Les raisons de l’exaspération sont nombreuses. Une partie d’entre-eux sont consternés par le manque de neutralité des journalistes de la SSR. D’autres sont plutôt énervés du montant prélevé et du gigantisme de l’entreprise SSR. Des pages non-officielles sont ouvertes. Notre premier travail a été de discuter avec ces gens pour éviter que le débat ne se transforme en campagne d’insultes.

Mais les émotions sont bien présentes dans les deux camps. Les dérapages de personnalités politiques et de journalistes se rajoutent à une ambiance de fin du monde que les contradicteurs souhaitent propager. NoBillag = fin des médias radio/TV, NoBillag = fin de la cohésion nationale, NoBillag = anti-démocratique, etc… Si Billag servait à soutenir un projet d’aide humanitaire, nous serions sans doute aussi accusé d’affamer des populations.

Manuel Tornare : le philosophe.png

Nous constatons que malgré notre engagement sur les réseaux sociaux, nous sommes à des années lumières de bénéficier des moyens de nos contradicteurs : vidéos finement réalisées, graphiques professionnels, flyers déjà en distribution… Nos Memes Viraux et notre petit cochon en logo font pâle figure à côté de cette machine de guerre nouvellement enclenchée.

Nous décidons donc d’en appeler aux donations volontaires et nous prenons le risque de tenter de soulever le plus large financement public de l’histoire des campagnes politiques en Suisse. L’objectif est ambitieux : 100’000 francs. Ils se rajouteraient à notre mise actuelle qui s’élève actuellement à quelques 30’000 francs. De notre côté, les projets ne manquent pas, mais si nous voulons un peu de qualité, il faudra s’en référer à de véritables professionnels. Par cette communication, nous voulons lever les voiles d’émotions et parler concrétement de la solution organique et volontaire que nous proposons à cette direction politique et corporatiste des médias.

Nous décidons d’utiliser le portail wemakeit.ch, plateforme de Crow Funding suisse reconnue. Après validation du projet et deux jours de collecte fructueuse (plus de 10’000 francs), notre projet est banni de la plateforme ; la direction ayant trouvé notre initiative trop extrêmiste. L’argent est donc retourné aux donateurs et nous nous retrouvons avec un projet avorté et une image écornée.

Nous regrettons cette décision mais ne pouvons guère nous indigner face à la politique commerciale et au manque de professionnalisme franchement ridicule de cette organisation. Nous ignorons les raisons véritables de ce revirement (politiques ?) de cette plateforme. Nous avons de la peine à comprendre comment une initiative fédérale acceptée par la chancellerie et soutenue par plus d’une centaine de milier de signataires pourrait être plus « extrêmiste » qu’un projet de « cours de math à Mme Gössi » lancé par les Jeunes Verts bernois en septembre passé.

Nous ne nous décourageons pas et recevons le soutien d’un jeune informaticien qui créé en urgence une plateforme de crowfunding hébergée sur son serveur. L’aide est bienvenue et nous relançons rapidement la campagne de collecte qui aujourd’hui s’élève déjà à plus de 50’000 CHF.

Le dimanche 5 novembre nous avons rassemblé le comité ainsi que les militants de NoBillag Romandie à Lausanne pour une première grande réunion. Les objectifs ont été posés, les projets sont lancés et nous sommes désormais prêts à travailler avec ardeur à la réussite de ce changement substantiel de notre politique médiatique suisse.

Merci d’avance pour votre soutien et au plaisir de partager et échanger avec vous durant les prochains mois à venir.

Pour le Comité NoBillag Romandie

Frédéric Jollien

 

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3 réflexions au sujet de “Journal de Campagne NoBillag Romandie”

  1. Je suis entièrement d accord avec votre initiative et j espère que le no billag passera, marre de devoir toujours se serrer la ceinture pour toutes ces conneries de politiciens qui vivent pas du tout avec les mêmes salaires… Des programmes TV de plus en plus mauvais… Pour ce qui est du site qui vous récoltait les fonds, faut pas se leurrer, on sait bien que les politiciens font tout ce qu ils peuvent pour saborder ce qui convient pas… Et je sais de quoi je parle suite à une récolte de signatures sabordé en interne par le politique…

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  2. N’en déplaise à Manuel Tornare, c’ est en toute légitimité, comme crétin genevois déclaré et fier de l’être contre le sempiternel et surtout  » romand  » politiquement correct…que JE mettrai tout en oeuvre dans la mesure de mes moyens pour que la portée de cette initiative puisse atteindre l’envergure souhaitée par son comité.

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  3. J’ai connu, à l’époque où n’existaient que trois chaînes et les antennes sur les toits, des moments mythiques et de grandes émissions de débats (ouverts) et d’admirables émissions culturelles, qui restent en mémoire. J’écoutais même des feuilletons radio qui tenaient en haleine. Qui ne s’extasiait pas en écoutant Squibbs (sans consultant) commentant un match de foot qu’on imaginait, sans ralenti nécessaire!

    Les temps ont changé. Le choix illimité des médias et le matériel audiovisuel informatisé et programmable ouvrent des horizons que chacun définit, selon des principes de responsabilité et d’opinion personnelles. Ne dit-on pas qu’il faut être consom-acteurs? D’où mon avis que le modèle de la redevance forcée est dépassé.

    Faut-il relever que dès 2019, la SSR sera autorisée à utiliser les données personnelles des téléspectateurs pour la publicité ciblée dans un service public. Je me réjouis, comme retraité, de voir des pubs sur les médicaments soignant les problèmes de prostate, de vessie, de démence ou de sénilité et de pompes funèbres! Les éditeurs privés et les associations de médias apprécieront certainement cette concurrence déloyale.

    ____________

    Cinq petits couplets (sans refrain autocritique) qui illustrent la citation de Kurt Imhof (sociologue spécialiste de l’espace public): « Les entreprises médiatiques recherchent avant tout le succès commercial d’une communication banalisante adressée à un public de plus en plus nivelé. Une spirale négative de prolifération de «contenus médiatiques de faible qualité» s’est mise en place, poussée par le rôle prépondérant des portails en ligne, des réseaux sociaux et par la «simplicité croissante» d’une «gestion médiatique commerciale de l’indignation.»
    Je n’adhère plus à la propagande imposée par la concession, modèle qui a fait son temps. Ma LIBERTÉ consiste à choisir mes lectures et autres médias.
    L’initiative «NoBillag» devrait faire réfléchir, notamment sur le rôle et la qualité des médias.

    _____________

    Abandonner les arguments de la théorie économique en termes d’efficacité pour défendre certains services publics, c’est entrer sur le terrain d’objectifs moraux. Sur quelle base l’existence d’un service public de radio-TV est-elle un bien tutélaire jugé utile à la collectivité, si ce n’est au nom de considérations politiques justifiant un raisonnement utilitariste (intérêts particuliers) discutable: «Peut-être vaut-il mieux disposer du service public de la concession plutôt que de ne pas l’«avoir»?
    C’est aussi retirer des ressources à d’autres affectations désirables susceptibles d’avoir plus de valeur que le service public et donc leur attribuer une importance secondaire.

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    Vous soulevez le problème du choix démocratique, où seul le débat, la pesée des arguments si possible polémiques, et non des intérêts de certains, crée les conditions de prises de décisions. Même si la vérité finale ne regroupe que de solides croyances, susceptibles d’être remplacées par d’autres, plus utiles, après coup.

    On nous fait croire à une «volonté générale», la vraie volonté presque déifiée, supérieure, portée souvent par une minorité éclairée, ce qui rend attentif aux apôtres de la morale et de l’idéologie.
    À ne pas confondre avec la «volonté de la majorité» (la vérité démocratique) qui libère, par les urnes, de la tentation dangereuse de confondre sa propre opinion avec la vérité. Bizarrement, certains «démocrates» refusent cette vérité-là!

    Dans la votation «NoBillag», nombre de gens avisés énumèrent des faits «positifs» (cet adjectif est source de contentement!): service public, solidarité, équilibre multiculturel, outil stratégique, cohésion confédérale, reconnaissance de personnalités locales ou choix personnel et responsable, qui sont des données du réel, certes, sur lequelles ces personnes avisées font profession de se guider. Mais ils ne s’aperçoivent pas que ces données ne sont que des signes, des clichés ou des «mots». Des représentations arbitraires du réel – comme peut l’être le kaléidoscope des méthodes d’information – choisies entre une multiplicité d’autres, parfois opposées, qui ne peuvent être levées que par un seul principe légitime de choix: la «pensée». Entre le «fait» et le «mot», il y a la «pensée» capable d’organiser les faits et de nourrir les mots ou de faire circuler la vie entre ces trois régions. La seule question est d’apprendre à penser, ce qui n’est pas une chose facile!

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