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Service public de l’audiovisuel : l’impossible neutralité

Un argument souvent avancé en faveur d’un service public de l’information financé par une redevance plutôt qu’un service dit « commercial» qui serait soumis aux lois du marché est celui de la neutralité : le service public serait plus à même de respecter une certaine objectivité journalistique, la pluralité des opinions et la neutralité de point de vue. La théorie des choix collectifs aussi bien que la pratique sociopolitique réfutent aisément cette idée reçue.

On sait depuis le théorème d’Arrow que les choix individuels ne peuvent être agrégés pour dégager un choix « collectif » qui respecte les préférences de chacun. Un service public de l’information (et également du loisir, du spectacle, du sport, etc.) n’échappe pas à cette loi : il impose ses choix propres qui ne sont pas ceux de la population, mais plutôt ceux d’une « élite éclairée » autoproclamée.

En pratique, ce service public se coupe d’emblée de son « public » en refusant sa sanction et son libre choix : le client est devenu un usager restant éternellement « redevable » à ce prétendu fournisseur qui le contraint à financer des programmes.

La neutralité ne saurait être décrétée par une loi et un financement obligatoire. Les journalistes du service public ne peuvent se targuer d’avoir le monopole de la hauteur de point de vue : chacun possède ses biais et sa vision du monde et ça n’est que dans la confrontation des idées, la recherche et l’investigation que la vérité progresse au détriment des « fausses nouvelles » ou des « biais idéologiques ».

Les « fake news » peuvent tout autant être présentes dans les médias publics que ceux du privé. Les exemples de « biais du privé » cités par nos contradicteurs (Blocher, Berlusconi, CNN, …) ne sont pas mis face aux « biais du public » (Russia Today, FIS, …). Il y a une volonté malhonnête de réduire la réalité à une association « privé = biaisé » et « public = indépendant ».

La neutralité ou l’attachement aux faits dépend avant tout du dynamisme du système et du travail des acteurs de l’information. Or, le système de redevance vient entraver ce dynamisme : plutôt que d’essayer d’attirer les citoyens par la qualité des émissions, on a parfois l’impression qu’un certain « camp du bien » décide des sujets à traiter, de la façon de les traiter et de les imposer à l’usager, accentuant la coupure entre la population et une élite prétendument à son service. Cette élite qui selon ses statuts ne poursuit aucun but lucratif, mais en profite pour s’arroger des privilèges importants et qui sont libres d’agir selon leur bon plaisir.

Les articles et les images de campagne des contradicteurs de l’initiative démontrent cette arrogance : les initiants et leurs supporters, opposés à leur point de vue, sont tantôt associés au président Trump, au régime politique d’Orban, à Berlusconi ou à Blocher. L’initiative est même soupçonnée d’être financée par « les riches de l’UDC » alors que ce parti ne s’est même pas prononcé sur le sujet.

En réalité, l’indépendance et le pluralisme ne requièrent absolument pas un service financé par la loi  : ils se développent dès qu’on laisse libres les acteurs médiatiques de se confronter et prouver la validité de leurs investigations. C’est le « plébiscite quotidien » du public qui assure leur succès, plutôt qu’une obligation fiscale. Les acteurs privés qui ne répondront pas aux attentes de leurs abonnés (qui ne sont plus de simples « usagers ») disparaîtront ou diminueront et les « biais » possibles liés à la nature de leur actionnariat, étant notoires, ne pourront que les desservir au bénéfice des concurrents.

Bien loin d’enrichir un écosystème médiatique, le service public assèche l’offre, biaise les débats, cache les vrais problèmes et impose une certaine pensée. La neutralité des médias n’existe pas a priori, elle ne s’obtient que par la possibilité de sanction, le libre choix du citoyen et la liberté de proposer des programmes. L’utilisateur d’Internet est déjà familiarisé avec ces prérequis et comprend de moins en moins qu’on l’oblige à financer un système arbitraire politique et corporatiste d’un autre siècle.

Un texte de Frédéric Jollien, membre du comité No Billag Romandie

 

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No-Billag ou le triomphe de l’innovation

En 1996, le Conseil Fédéral propose de libéraliser les télécommunications au vue des progrès technologiques dans le domaine. Il propose de mettre fin aux PTT (Postes, téléphones, télégraphes) fondés en 1920 pour contrôler et étendre le réseau téléphoniques en Suisse. Ainsi le 1er octobre 1997, Télécom PTT devient Swisscom. Le résultat en 2017 ? Plusieurs opérateurs téléphoniques en concurrence, des prix d’abonnement qui chutent, des coûts de téléphonie mobile toujours plus bas et une offre de meilleure qualité. Ce malgré un monopole de l’opérateur historique durant deux décennies sur le « dernier kilomètre ».

Autre secteur, même logique. Dans les années 50, le Conseil Fédéral propose de prélever une redevance pour soutenir le développement de la télé hertzienne. La radio-télévision est considérée, à ce moment-là, comme un bien public. La raison ? Personne ne peut, techniquement, être « exclu » de la consommation de ce bien, soit regarder la télé. En effet, il n’était pas technologiquement possible, à cette époque, d’empêcher un ménage de regarder la télévision suisse. À part bien sûr en leur enlevant leur poste de télévision. Ainsi la procédure de perception des redevances a été d’exonérer les ménages qui ne possédaient pas de poste de télévision. De fait les percepteurs étaient sûr d’éviter que certains regardent la télévision sans payer leur dû.

Hors avec l’innovation technologique, les moyens de regarder la télévision suisse se sont démultipliés. Que ce soit sur votre ordinateur, votre téléphone ou encore votre tablette, il existe aujourd’hui une multitude de canaux. La réponse du législateur dans la loi fédérale RTV votée en 2015 à cette innovation se résume à: « taxons tout le monde ! Et les entreprises plus que les autres ! ». Pourtant cette même innovation technologique permet maintenant d’exclure ceux qui ne veulent pas regarder les chaînes de la SSR. Par exemple pour les chaînes privées, seuls les abonnés à Teleclub peuvent la regarder, idem pour Canal+ ou BEIN sport. C’est donc faisable.

Ainsi l’initiative « oui à la suppression des redevances billag » permet d’utiliser pleinement les moyens technologiques existants et redonne la liberté au citoyen. Libre à lui de choisir son média audiovisuel. Qui peut avoir l’arrogance de dire à ses concitoyens ce qu’ils doivent regarder et ce qu’ils doivent payer pour le faire ?

Supprimer la redevance obligatoire permet également de mettre fin à une concurrence déloyale. Oui il existe des médias privés qui fournissent du contenu informatif, de divertissement, audiovisuel, de proximité, de haute valeur ajoutée. Mais ceux-ci, soumis aux imprévisibilités du risque entrepreneurial, ne bénéficient pas d’un fonds de garantie de plus d’un milliard par an. Ils doivent convaincre des nouveaux clients, fidéliser leur public, investir pour s’améliorer, explorer des nouveaux horizons, bref évoluer dans un monde sans cesse changeant avec des citoyens aux envies, elles aussi, sans cesse changeantes.

Personne ne voudrait être forcé de payer un abonnement de téléphonie mobile chez Swisscom, pour ensuite préférer payer volontairement un abonnement chez Sunrise pour profiter de leurs services. Ainsi ne forçons pas les citoyens à s’abonner à la SSR, laissons-les choisir pour ce qu’ils veulent payer.

Thomas Birbaum – Membre du comité No Billag Romandie

Journal de campagne

Journal de campagne / 12 novembre – 2 décembre

Journal de campagne

2 décembre 2018

Le mois de novembre a été riche en émotions et nous arrivons maintenant au 75% de notre objectif de financement participatif. Nous avons publié nos premières images officielles de la campagne et fait quelques vidéos et articles que vous pouvez retrouver sur nos réseaux sociaux ou sur notre nouveau site internet.

Si la présence de nos adversaires sur les réseaux sociaux se fait plus discrète, ils ont déjà commencé à distribuer des flyers dans les gares et à envoyer des prospectus ou lettres aux différents parlements du pays. On voit ici la différence de moyens. Notre #DavidVSGoliath devient plus clair. Une lettre plus problématique a été envoyée par la direction de la SSR à ses anciens collaborateurs. Il va de soit que la SSR est en mesure de les informer de la tenue d’un souper et des enjeux autour de l’initiative. Il est cependant beaucoup plus problématique de les inviter à prendre part dans le débat public en leur demandant de s’informer uniquement sur le site des contradicteurs de l’initiative. Cela va à l’encontre de leur mandat de neutralité politique et du traitement de l’information.

En parcourant les sites de nos opposants, nous pouvons voir qu’ils reprennent allègrement le prix de un franc par jour pour la redevance. Or ce montant n’est encore qu’une promesse du département de Mme Leuthard ; un projet qui, d’ailleurs, est un nuage de fumée comme nous l’avons expliqué précédemment. Pour rappel, la supercherie se résume à transférer la facture aux entreprises tout en augmentant les recettes globales. Et vous savez tous qui va payer cela.

Cela montre à nouveau, si cela était nécessaire, que cette démarche du département n’était qu’une technique de communication. Car contrairement à ce que dit sa ministre de tutelle, dans l’interview donné à la RTS où elle s’exprimait en disant que ce prix était « vraiment arrivé par hasard » après les calculs de son département, ce prix est purement politique. La plupart des journaux ne sont d’ailleurs pas passés à côté de cette ridicule assertion comme on peut le voir ici ou . La ministre prendrait elle les citoyens pour des imbéciles ? Ne chercherait-elle qu’à protéger ses lobbys et ses fonctionnaires face aux contribuables soumis à leurs services ?

Autre effet de communication : nos contradicteurs nous accusent bien souvent d’être responsables de la fin du mandat de l’entreprise Billag. C’était le cas de Monsieur Levrat (PS) qui nous accusait sur Twitter d’être responsable du chômage des employés de Billag dans le canton de Fribourg. Le conseiller d’Etat genevois François Longchamp (PLR) dans un article pour la Tribune de Genève parle aussi d’une « conséquence du débat sur la redevance ». Ces accusations soulignent un grave problème : nos politiciens semblent mandater ces entreprises non pour des raisons raisonnables d’intérêt public mais à des fins de communication politique. Cela fait réellement peur.

Le pire étant que ces personnes osent dire que nous devons être satisfaits de ces modifications et les traiter comme des « victoires ». Ils croient réellement que changer le nom de Billag par Serafe répond à un changement de système que réclament avec force les signataires de cette initiative ! Ils croient que les gens sont remontés uniquement contre une entreprise particulière et non contre le système de la redevance en lui-même, nous accusant même d’être des menteurs, en prenant le terme de « NoBillag » pour notre campagne. Croient-ils vraiment que les initiants se battent uniquement contre une entreprise de perception ? Nous assistons ici à une énième tentative ridicule de détourner le regard et d’attaquer la crédibilité de la campagne. On rappellera qu’au moment de lancer la récolte de signatures, le changement n’était évidement pas connu. Et pour ceux qui doutent du manque d’efficience des choix de nos politiciens, Serafe toucherait environ 18 millions par année pour la perception. Billag à ce jour ? Plus de 50 millions par année ! On se moque de qui ?

Autre élément rhétorique du discours de nos adversaires : on essaie de donner une étiquette aux initiants. Comme souvent, le but est de donner des caractéristiques dépréciatives pour que les gens identifient un camp avec quelques mots-clés et traits idéologiques. Le travail principal a donc été d’associer notre initiative à l’UDC ou aux mouvements d’extrême-droite. On peut voir par exemple sur cette image du site de nos contradicteurs que notre initiative viserait à remplacer nos chaines régionales et nationales par Fox News, Russia Today, téléblocher ou CCTV (télé nationale chinoise). Une tentative ridicule de dire que notre initiative est proche des régimes totalitaires ou de riches industriels conservateurs. Blocher lui-même explique qu’il n’investira pas en Suisse romande ou dans la presse audiovisuelle de façon générale.

Non No Billag

Evidemment c’est loin d’être le cas. Notre comité et nos soutiens regroupent des gens divers qui ne supportent plus ce système d’imposition et de redistribution arbitraire de notre argent. Même si de nombreuses personnes sont remontées face aux traitements biaisés des médias publics (voir cet exemple), l’objectif de notre initiative n’est pas la réorientation idéologique de l’information mais le libre-choix des consommateurs. D’ailleurs, selon les recherches effectuées récemment, les journalistes du privé ne semblent pas beaucoup plus à droite que ceux du public.

Nous avons d’ailleurs le soutien étonnant d’un groupe s’appelant « Progressistes pour l’abolition de la redevance Billag » sur Facebook qui ont notamment interrogé un ancien inspecteur de l’entreprise Billag qui a choisi de s’exprimer anonymement sur le quotidien de son travail. Nous avons aussi reçu des messages de soutien de personnes se disant issues du marxisme. Vous pouvez trouver une analyse selon leurs visions sur ce blog. C’est très clair, le soutien populaire est large.

La stratégie adverse semble se limiter à balancer des slogans catastrophistes (fin de la cohésion nationale, fin des médias, chômage de tous les journalistes, etc…) et à caricaturer les initiants en d’horribles fascistes adeptes des théories du complot et des « fake news ». Tout cela en nous faisant croire qu’ils font des efforts pour répondre à nos réclamations. En plus de se draper d’une cape de chevalier de la moral, ils nous font croire à leurs bonnes volontés par des petits tours d’illusions.

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Nous croyons clairement que les citoyens suisses seront capables de voir ce qui se cache derrière ces arguments, d’identifier ces farces et de comprendre les enjeux réels. Il est temps de réclamer nos libertés contre tous ces lobbistes et politiciens qui ne cherchent qu’à maintenir leur bien-être personnel à l’encontre de notre liberté et du Bien Commun.

Frédéric Jollien pour le comité NoBillag romand

 

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La SSR : Bouc-émissaire ou assisté victimaire?

En tant que partisans de l’initiative No Billag, la lecture de l’opinion de M. Torracinta dans l’édition du Temps du 28 novembre 2017 ne peut nous laisser insensibles. Nous prenons donc la plume pour quelques rectifications suite à ses propos.

Nous tenons à rappeler, une fois encore, que contrairement à ce qui est constamment asséné par nos opposants, notre initiative n’a pas comme but de supprimer la SSR mais de réformer son mode de financement. Cette initiative n’est pas un procès des programmes diffusés mais de l’anachronisme imposé aux administrés cotisant pour cette taxe. La question n’est pas de savoir ce que l’on regarde, mais de décider ce que l’on regarde. À cette question le modèle actuel ne répond que par une situation de quasi- monopole dont jouit la SSR et ce au détriment de 21 radios locales privées et 13 télévisions régionales qui reçoivent qu’une infime partie de cette redevance. Au delà de saper toute concurrence, il se pose une question de justice : Pourquoi ces 34 canaux d’informations ne bénéficient-ils que des miettes de la redevance ? Et que faire de la concurrence déloyale subie par les médias de la presse écrite, notamment sur internet ?

Cette injustice se légitime en usant d’une rhétorique pseudo-souverainiste. La pertinence de cette dernière est évidemment moindre : non seulement parce que la SSR n’a jamais eu le monopole de l’identité nationale, mais également car cet argument, déjà brandi lorsque le monopole de Swisscom était remis en question, a volé en éclat sur le mur de la réalité du marché : En 2017, Swisscom est toujours suisse, et à l’instar de Sunrise ou d’autres opérateurs, tels que Salt ou Yallo qui même s’ils ne sont pas suisses, créent des emplois dans notre pays. Aux pourfendeurs de l’ouverture du marché nous répondons par la condamnation d’un égoïsme inadmissible tentant de freiner tout élan de réforme pour une minorité de privilégiés ».

Les médias audiovisuels touchant la redevance n’ont pas le monopole de la transmission de l’information. La preuve est que M. Torracinta prend la parole via un média écrit privé ne touchant pas la redevance en question. Passer par un tel canal n’a rien de surprenant puisque les jeunes regardent de moins en moins la télévision, alors qu’ils n’ont pourtant jamais été autant connectés.

Nous demandons aujourd’hui à ne pas payer quelque chose que nous ne consommons pas. Comparer le financement d’une école n’est pas similaire au financement de la SSR dès lors que, contrairement à l’éducation, regarder la télévision est un loisir. Un loisir qui peut même avoir des effets néfastes sur le cerveau selon une étude publiée mercredi 2 décembre 2015 dans le Journal of the American Medical Association Psychiatry (JAMA). Nous espérons que les forces du progrès, qui se battaient jadis contre cet emblème de la surconsommation, accusée d’abrutir les foules, sauront proposer à l’avenir des comparaisons plud pertinentes.

M. Torracinta admet que la SSR doit changer. Toutefois, il qualifie notre initiative d’extrême. Si en 2017, est extrémiste celui qui souhaite rendre au peuple le droit de choisir ses médias, alors oui, nous acceptons cet adjectif. Il regrette ensuite l’absence d’alternative. Or si cette dernière n’existe pas, c’est parce que ni le Parlement, le Conseil fédéral ou la SSR n’en a voulu. Tout le monde s’accorde (sauf peut-être la SSR) à dire que la situation actuelle est tout sauf satisfaisante. Différentes critiques existent,

malheureusement la classe politique a démontré toute son incapacité à imaginer une réforme qui puisse convaincre ne serait-ce qu’une majorité au parlement. Sur ce dossier, la solution viendra de la rue, ou n’existera pas. Le 4 mars 2018, nous vous donnons cette possibilité unique. En votant OUI à No Billag, on se donne le droit de réformer un système injuste et dépassé.

Louise Morand – Responsable No Billag Genève / Membre du comité des JLRS

Matthieu Dinet – Responsable No Billag Fribourg / Président UDC Sarine

Journal de campagne

Journal de Campagne NoBillag Romandie

Première période du 18 octobre au 12 novembre

La campagne a été officiellement lancée le 18 octobre lors de l’annonce de la Chancellerie fédérale de la date de votation de notre initiative : cela se déroulera le 4 mars 2018 en parallèle de la votation sur le nouveau régime financier 2021.

Doris

Le même jour, la Conseillère fédérale, Mme Doris Leuthard annonçait le projet de mise en application de la nouvelle LRTV votée en 2015 et qui avait passé de justesse la rampe, en réunissant une majorité historiquement faible de 50.01%, soit quelques 3000 voix d’écart. Le message de la ministre est centré sur la baisse de la redevance pour les ménages à 365.- par année, soit un coût symbolique de un franc par jour. Plus surprenant, la ministre annonce vouloir plafonner les dépenses de la SSR, grande bénéficiaire du système (elle touche à ce jour plus de 90% de la redevance). Une main est tendue envers les médias privés qui demandaient depuis toujours une plus grande part du gâteau. Tout est symbolique et purement politique : l’idée étant de faire un bon geste vers les citoyens et les médias privés mécontents. La réalité de ces « améliorations » est tout autre : les entrées d’argent vont augmenter suite à l’élargissement de la redevance du fait que tout ménage ayant accès à internet se voit maintenant imposé. De plus, dans l’ensemble les entreprises voient leur facture augmenter en ayant désormais une taxe basée sur leur chiffre d’affaire. A des fins évidentes de communication, le département a exempté les plus petites d’entre elles mais le mal est fait : les entreprises paieront plus et nous avec…

Finalement les entrées de la redevance augmenteront pour la société civile mais, par un jeu comptable et de communication diablement efficace, Madame Leuthard se donne une image de réformatrice rigoureuse. Notre rôle sera de le dénoncer : c’est de la pure communication.

Notre campagne a donc été lancée. Principalement sur les réseaux sociaux qui nous offrent une liberté de parole et d’interactions avec les gens que nous ne pouvons atteindre avec les médias traditionnels. Nous publions des articles dans quelques journaux mais les journalistes des chaines publiques et les politiciens ont clairement le dessus sur ces canaux.

Les réseaux sociaux offrent cependant un défi de communication : nous devons vivre avec des commentaires de partisans qui n’ont pas le même soucis d’éthique du débat que nous souhaitons avoir. Contrairement aux dire de M. Tornare, conseiller national, nous constatons cependant que notre revendication n’est pas le fait de quelques « crétins » ou « d’extrémistes » mais d’une frange importante de la population qui voit clairement l’aberration du système actuel. Les raisons de l’exaspération sont nombreuses. Une partie d’entre-eux sont consternés par le manque de neutralité des journalistes de la SSR. D’autres sont plutôt énervés du montant prélevé et du gigantisme de l’entreprise SSR. Des pages non-officielles sont ouvertes. Notre premier travail a été de discuter avec ces gens pour éviter que le débat ne se transforme en campagne d’insultes.

Mais les émotions sont bien présentes dans les deux camps. Les dérapages de personnalités politiques et de journalistes se rajoutent à une ambiance de fin du monde que les contradicteurs souhaitent propager. NoBillag = fin des médias radio/TV, NoBillag = fin de la cohésion nationale, NoBillag = anti-démocratique, etc… Si Billag servait à soutenir un projet d’aide humanitaire, nous serions sans doute aussi accusé d’affamer des populations.

Manuel Tornare : le philosophe.png

Nous constatons que malgré notre engagement sur les réseaux sociaux, nous sommes à des années lumières de bénéficier des moyens de nos contradicteurs : vidéos finement réalisées, graphiques professionnels, flyers déjà en distribution… Nos Memes Viraux et notre petit cochon en logo font pâle figure à côté de cette machine de guerre nouvellement enclenchée.

Nous décidons donc d’en appeler aux donations volontaires et nous prenons le risque de tenter de soulever le plus large financement public de l’histoire des campagnes politiques en Suisse. L’objectif est ambitieux : 100’000 francs. Ils se rajouteraient à notre mise actuelle qui s’élève actuellement à quelques 30’000 francs. De notre côté, les projets ne manquent pas, mais si nous voulons un peu de qualité, il faudra s’en référer à de véritables professionnels. Par cette communication, nous voulons lever les voiles d’émotions et parler concrétement de la solution organique et volontaire que nous proposons à cette direction politique et corporatiste des médias.

Nous décidons d’utiliser le portail wemakeit.ch, plateforme de Crow Funding suisse reconnue. Après validation du projet et deux jours de collecte fructueuse (plus de 10’000 francs), notre projet est banni de la plateforme ; la direction ayant trouvé notre initiative trop extrêmiste. L’argent est donc retourné aux donateurs et nous nous retrouvons avec un projet avorté et une image écornée.

Nous regrettons cette décision mais ne pouvons guère nous indigner face à la politique commerciale et au manque de professionnalisme franchement ridicule de cette organisation. Nous ignorons les raisons véritables de ce revirement (politiques ?) de cette plateforme. Nous avons de la peine à comprendre comment une initiative fédérale acceptée par la chancellerie et soutenue par plus d’une centaine de milier de signataires pourrait être plus « extrêmiste » qu’un projet de « cours de math à Mme Gössi » lancé par les Jeunes Verts bernois en septembre passé.

Nous ne nous décourageons pas et recevons le soutien d’un jeune informaticien qui créé en urgence une plateforme de crowfunding hébergée sur son serveur. L’aide est bienvenue et nous relançons rapidement la campagne de collecte qui aujourd’hui s’élève déjà à plus de 50’000 CHF.

Le dimanche 5 novembre nous avons rassemblé le comité ainsi que les militants de NoBillag Romandie à Lausanne pour une première grande réunion. Les objectifs ont été posés, les projets sont lancés et nous sommes désormais prêts à travailler avec ardeur à la réussite de ce changement substantiel de notre politique médiatique suisse.

Merci d’avance pour votre soutien et au plaisir de partager et échanger avec vous durant les prochains mois à venir.

Pour le Comité NoBillag Romandie

Frédéric Jollien