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Discours fin de campagne – Frédéric Jollien

Chers amis, chers supporters et activistes pour la liberté, mesdames messieurs,

Aujourd’hui les citoyennes et citoyens de ce pays décideront de mettre fin ou non à l’obligation de payer pour une redevance de radio et télévision.

Voilà maintenant 4 ans que Florian Maier, un des trois initiateurs de ce projet, me présenta à Fribourg le projet pour mettre fin à une injustice et une incohérence dans notre paysage médiatique. J’ai choisi de m’engager pour cette initiative en Romandie et je fus rapidement rejoint par Nicolas Jutzet qui en pris la présidence ainsi que de nombreux jeunes libéraux-radicaux et UDC francophones.

Fatigué de devoir sans arrêt être sur la défensive pour affronter les idées étatistes de nos adversaires, nous avions fait le choix de prendre les devants et de rappeler aux suisses que notre pays est riche du respect qu’il porte à la liberté de ses citoyens, que la politique doit être limitée pour promouvoir la diversité et empêcher le jeu des rentes, des lobbys et des corporations.

Benjamin Constant, un grand penseur et philosophe romand disait dans son discours célèbre à l’Athénée royale les mots suivants :

« Les dépositaires de l’autorité sont disposés à nous épargner toute sorte de peine, excepté celle d’obéir et de payer ! Ils nous diront : « Quel est au fond le but de vos efforts, le motif de vos travux, l’objet de toutes vos espérances ? N’est-ce pas le bonheur ? Eh bien, ce bonheur, laissez-nous faire et nous vous le donnerons. » Non, Messieurs, ne laissons pas faire. Quelque touchant que soit un intérêt si tendre, prions l’autorité de rester dans ses limites. Qu’elle se borne à être juste ; nous nous chargeons d’être heureux. »

L’autorité politique et les corporations soutenues par son financement obligatoire se targuent d’être les seuls à pouvoir garantir une information libre et indépendante et de permettre cette information dans toutes les régions linguistiques de ce pays, ignorant au passage la presse écrite qui assure une information variée et de qualité dans tout notre pays sans être liée à un financement obligatoire.

Du haut de leurs grandes tours d’ivoire à Genève ou à Zürich, ces médias nous disent que sans notre servitude béate, aucune télévision et radio de qualité ne pourrait survivre, insultant au passage nos volonté, notre intelligence et nos choix. Le Tessin compte aujourd’hui trois quotidiens, deux titres dominicaux, trois magasines et une chaine privée montrant que la population suisse est attachée à l’information locale et que nous n’avons pas besoin d’être les mendiants des autres régions linguistiques et de créer des tensions entre les régions pour faire vivre des médias à notre hauteur.

L’initiative populaire nous permet de contourner les intérêts de la politique pour que les citoyens puissent directement reprendre en main leurs libertés confiscées. Au 20ème siècle à l’entrée de la première guerre mondiale, les Etats européens, confrontés à la pensée collectiviste la plus violente de l’histoire, avaient confisqués les antennes de radio privées pour des raisons de sécurité et afin d’empêcher la « propagande » étrangère. Le monopole de l’Etat sur ces canaux médiatiques ne fut levé que dans les années 80 sous la pression des radios pirates, autrefois illégales. Notre système actuel de distribution de privilèges et l’avantage profond de la SSR dans ce marché reflète encore cet ancien monopole.

Comme l’a dit Olivier Kessler, notre combat a été tout d’abord moqué, ignoré puis combattu par les milieux concernés à hauteur de plusieurs millions. C’était véritablement un combat de David contre Goliath !

Nous avions une tâche pédagogique absolument gigantesque et nous étions confrontés à une difficulté majeure : la peur du changement des suisses. Ce conservatisme est bien souvent salutaire dans notre pays pour éviter de détruire les valeurs libérales de notre pays mais aujourd’hui il s’ agit de lever une taxe relativement moderne dans l’histoire suisse et contraire à l’esprit de libre entreprise qui règne majoritairement dans ce pays.

Nous avons ainsi levé le tabou qui règne sur le service public. Nous avons mis en exergue les bricolages légaux de l’OFCOM pour établir des prix de campagne (le fameux 1CHF/jour) et sa plus large distribution de privilège afin de contenter un maximum de médias. Le citoyen a été dupé : on lui a vendu une baisse de la redevance alors qu’on a étendu cette facture à la totalité de la population que le citoyen possède une tv ou non et amplifié la facture sur les entreprises, se voyant ainsi doublement taxé complètement injustement. Ces élus n’ont pas de cohérence, seul règne l’intérêt de se faire bien voir par la population et les lobbys par tous les moyens possibles.

Aujourd’hui nous allons découvrir le résultat de cette campagne. Quelque soit le résultat, je suis très fier de nous. Nous avons osé affronter la caste « des intouchables », ceux qui dirigent l’information et donc l’opinion public, soit disant des garants de notre intelligence et de la démocratie. Nous avons challengé ce statu quo qui se moque de nous… mais pas de notre argent.

Je voudrais tous vous remercier mais principalement le comité romand, composé quasiment uniquement de jeunes. Un merci aussi à l’USAM de nous avoir suivi dans notre combat. Ils ont une véritable éthique de l’entreprenariat et nous saluons leur courage. Un merci aussi à l’UDI et au soutien de Rouge FM qui a osé s’afficher comme un média indépendant de la politique.

Merci à vous, je vous souhaite une bonne journée et que vive la Suisse libre !

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Communiqué de presse – Le peuple refuse l’initiative, place aux réformes

Chère Madame, Cher Monsieur,

En ce 4 mars 2018, la population de notre pays a décidé de refuser majoritairement notre initiative populaire. Nous regrettons cette occasion manquée de rendre une liberté de choix aux citoyens. Cet idéal est aujourd’hui rejeté par une majorité des votants. Nous prenons acte de cette décision. Visiblement les citoyens ne semblent pas convaincus par une transition complète vers une une solution de libre-entreprise. Cependant, il est évidemment, et le débat n’a cessé de le démontrer, que des réformes en profondeur sont nécessaires et désirées tant le système actuel souffre d’incohérences. La campagne, qui aura vu David affronter Goliath, a permis un débat important et passionnant. A l’issue de celui-ci, il est désormais acquis que le système actuel doit être revu en profondeur.

Il y a eu aujourd’hui un grand vainqueur : la démocratie directe et tous les électeurs de ce pays, qui ont été les seuls dans le monde à avoir eu l’occasion de s’exprimer dans les urnes sur le financement obligatoire des médias. La Suisse doit être fière de cela. Cette campagne est le début d’une longue discussion.

Lors des nombreux débats auxquels nous avons participé ces dernières semaines, nos opposants ont fait des promesses. Gilles Marchand, directeur général de la SSR, a plusieurs fois évoqué un plan R comme réforme. De son côté Madame Ladina Heimgartner, numéro 2 de la SSR, n’a pas hésité à utiliser un terme sans équivoque: « dégraisser » au moment d’évoquer l’avenir de l’entreprise qui touche aujourd’hui plus de 90 % des recettes issues de la redevance. Le parlement et les divers acteurs doivent désormais prendre en compte le besoin de changement et d’évolution et quitter ce modèle de distribution de privilèges. Il s’agit donc de passer de la parole aux actes. Sans la pression populaire soulevée par notre initiative, aucun changement n’aurait eu lieu. Nous espérons que ce vaste débat, qui aura su faire sauter le tabou du financement étatique des médias, va permettre au parlement d’enfin réformer en profondeur un système dépassé et injuste.

Merci d’avance pour l’attention que vous accorderez à notre communiqué.

Avec nos cordiales salutations,

Nicolas Jutzet: Président du comité No Billag Romandie / 079 841 55 05

Frédéric Jollien: porte-parole du comité Romandie / 078 765 68 67

Thomas Birbaum: vice-président du comité No Billag Romandie / 079 268 92 74

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Toute personne qui veut des réformes, doit voter oui

La question qui se pose le 4 mars, en plus de savoir si le citoyen est capable de choisir par lui-même, souverainement ses médias, est celle de la volonté réelle de réformer le système. Or ce débat est pour l’instant trop peu abordé. A entendre les différentes parties prenantes, le besoin de réformer et de faire évoluer le modèle actuel est incontesté. La volonté réelle est, et c’est ce qui explique en partie l’existence de l’initiative, bien moins présente que ce qu’il paraît aujourd’hui. Dans les travées du parlement, les réformateurs existent. Dans le secteur des médias, ils se placent malheureusement dans le camp de ceux qui réforment en augmentant les dépenses et la charge de l’Etat. Les autres sont isolés en commission et en plénum.

Au parlement ou en commission, aucune majorité réformatrice ne fut trouvée. Pour soutenir un contre-projet qui voulait diviser la redevance par deux ? Une partie du groupe UDC. Pour soutenir le plafonnement de revenus de la redevance qui reviennent à la SSR, à 1.1 milliard ? Là encore, personne, ou si peu. Des opposants au moment d’accorder le droit à la SSR de faire de la publicité ciblée, et donc de durcir la bataille pour le gâteau publicitaire ? On attend toujours. Une levée des boucliers qui s’oppose à la régie publicitaire Admeira, qui renforce encore un peu plus la toute puissance de la SSR ? La liste des rendez-vous manqués est longue

D’accord sur rien, mais unis contre le changement

Si l’on en croit son récent papier de position, le parti libéral radical souhaite voir les entreprises exemptées de la redevance. Ce même parti qui refuse de voter tout contre-projet, qui refuse d’envisager une baisse des recettes, devrait nous expliquer par qui et comment sera compensée l’exemption des entreprises ? Par les citoyens ? Autre point exigé, le refus de subventionner des médias en ligne. Cette demande, floue, est en contradiction totale avec la prise de position de la Commission fédérale des médias et de bon nombre de politiciens de gauche et du centre qui, toujours ingénieux pour dépenser l’argent du citoyen, semblent désormais s’accorder sur la pertinence d’élargir les subventions à l’ensemble de la branche, presse écrite comprise. On veut arroser plus d’acteurs, tout en promettant que les dépenses baisseront. Ils parlent d’une baisse de la redevance pour les particuliers et d’une exemption pour les entreprises tout en souhaitant augmenter le nombre des bénéficiaires de l’arrosoir de la redevance. C’est contradictoire et promet des lendemains sans réformes, assurément.

On voit mal comment un parlement déjà en désaccord sur la simple direction à suivre en cas de refus de l’initiative, pourrait brusquement se transformer en moteur d’une réforme en profondeur d’un système dépassé et injuste qui nécessite assurément un « reset » pour affronter les changements du XXIe siècle. On ne réforme pas une vache sacrée au sortir d’une victoire du statu-quo dans les urnes. Bien au contraire.

Voter oui c’est donc enfin donner le coup d’envoi des réformes, nécessaires et urgentes, d’un acteur qui s’est trop longtemps reposé sur ses lauriers et qui aujourd’hui, en plus de refuser de présenter un plan B, se permet de dissimuler son plan R, comme réforme. Il l’esquisse tout au plus au travers d’une interview sans l’exposer au débat. Au lieu de la transparence attendue d’une institution censée appartenir aux citoyens, nous avons droit au plan A, comme arrogance. On peint le diable sur la muraille pour éviter les obligations populaires car comme en 2015, il nous faudrait tout d’abord accorder au politique sa victoire dans les urnes pour ensuite voir apparaître les réformes et les discussions promises. Nous savons tous qu’en 2015, cette promesse n’a débouché sur rien. Les citoyens ont le droit de savoir ce qui les attend, ils doivent avoir accès aux détails de ses réformes. Or rien n’a été proposé jusqu’à maintenant !

Ce faisant, chacun est libre de choisir désormais son destin le 4 mars 2018. Celui qui veut garder l’édifice actuel avec l’ensemble de ses défauts, peut légitimement s’opposer à notre initiative. Celui qui préfère l’assurance de réformes, à l’attente patiente de voir des promesses jamais tenues se réaliser subitement, votera oui. Le 4 mars nous pouvons donner la responsabilité aux citoyens de choisir eux-mêmes quel média ils souhaitent soutenir mais en plus, nous pouvons donner la responsabilité à nos élus de réformer un système qui jusqu’à présent semblait intouchable. Ils auront à démontrer cette capacité à réformer qu’ils nous vantent actuellement, au moment d’élaborer la loi d’application.

Nicolas Jutzet

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La liberté  ne m’effraie pas

Aujourd’hui, si je m’engage pour l’initiative No Billag, c’est parce que j’ai confiance. Tant pis si je me mets à dos ceux qui auraient pu me permettre un futur en politique. Je ne me tairai pas. Actuellement, les Suisses choisissent leur nourriture, leur formation, leurs législateurs, mais pas leurs médias audiovisuels. Comment peut-on estimer que la population est incapable de choisir ses médias, alors qu’on lui permet de faire des choix vitaux pour l’avenir de notre pays?

Non, nous n’avons pas tous les mêmes envies. Certains préfèrent bouquiner, d’autres regarder le dernier Temps Présent, ou encore s’enthousiasmer pour Danse avec les Stars. Grand bien leur fasse! Ça n’est pas à moi, ou à quiconque d’autre, de vous forcer à financer les loisirs d’un autre. Les radios et télévisions suisses font un travail superbe, cependant elles ne sont pas les seules à proposer de l’information (la presse écrite?) ou du divertissement (Netflix? Spotify?). Pourtant, seuls les médias audiovisuels touchent une rente. Qu’on en use ou non. Les jeunes regardent par ailleurs de moins en moins la télévision. Nous préférons utiliser d’autres supports plus adaptés à nos envies.

Je comprends que la transition fasse peur. Mais l’ancien modèle a vécu. Il est temps de le remplacer. Il date d’une époque où la seule possibilité d’avoir la télévision était par le biais d’un financement étatique. Est-ce vraiment encore le cas aujourd’hui? Avec Internet, on peut contrôler qui consomme quoi. Les producteurs peuvent donc restreindre l’accès et le consommateur peut cibler ses envies. Il existe une multitude de plans B. Pas plus tard que la semaine dernière, des députés valaisans ont proposé un abonnement cantonal de 7 francs par mois pour les radios et télévisions locales sur le modèle du consentement présumé. Tout ménage ne voulant pas d’un tel abonnement pourrait y renoncer et donc ne rien payer. On ne peut prédire avec certitude ce que la population fera une fois sa liberté retrouvée. Mais on ne peut pas non plus prévoir ce qui se passera en cas de non. Il n’y a aucune garantie de changement, aucune garantie que ce pour quoi on vous oblige à payer sera de qualité. La seule certitude, c’est que vous passerez à la caisse.

Cette campagne est menée par des jeunes. Enfin, on s’intéresse à ce que nous pouvons penser. On nous reproche notre âge, notre inexpérience, notre ambition. Certes. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit d’avoir des idées légitimes et de nous battre pour elles. À ce vieux système qui veut nous faire taire, nous répliquons: le monde de demain, nous le vivrons.

Par mon vote le 4 mars, je dis oui à une liberté retrouvée. Ce système dépassé et injuste ne mérite pas mon soutien. Oui à No Billag le 4 mars. Parce que la liberté ne m’effraie pas. Et vous?

Louise Morand – Responsable No Billag Genève

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Entre corporatisme et liberté

Lorsqu’on est en voyage, on est souvent impressionné par les différences significatives qui existent entre les organisations politiques des pays. Je discutais récemment avec une journaliste française qui apprit avec étonnement que dans notre pays la presse écrite ne touche pas de subvention directe de la part de l’Etat. Chaque année en France, l’Etat distribue plusieurs centaines de millions d’euros en aide directe aux journaux du pays et leur donne également une quantité importante d’aides indirectes ainsi qu’un abattement fiscal pour les journalistes. Lorsque la baisse du lectorat et les revenus publicitaires se firent sentir en 2016, c’est la ministre de tutelle qui annonça un soutien indéfectible aux journaux pour empêcher leur disparition. En Suisse romande, l’Hebdo disparut et on lui rendit hommage tout en saluant le courage des nouveaux entrepreneurs qui lancèrent un journal sur un nouveau modèle éditorial.

Je notais avec amusement que comme ici pour défendre la redevance, ces subventions françaises sont justifiées officiellement par une nécessité de « représentativité de la pluralité des médias» ainsi que pour défendre le « débat et le pluralisme démocratique ». Pourtant en Suisse, malgré une bien moindre population, nous maintenons une diversité de la presse et une couverture régionale exemplaire et cela sans subvention nationale.

Quand les changements de goûts, de technologie ou encore de valeurs transforment les habitudes des citoyens, le principe de base de la Suisse est de respecter leurs avis. Lorsque les fichiers musicaux électroniques apparurent, personne ne leva le petit doigt pour les disquaires. Les entreprises naissent, se transforment et parfois meurent. C’est le secret d’une société qui évolue, qui choisit et qui prospère.

En Suisse, si c’est le cas pour la presse écrite, il en va tout autrement de la télévision et de la radio. Malgré la perte d’auditeurs, nous n’avons cessé de payer de plus en plus pour leurs services. Depuis l’entrée en vigueur de la redevance, la facture n’a cessé de prendre l’ascenseur malgré l’augmentation de notre population et l’amélioration technologique. La raison est simple : le citoyen n’a pas le choix de payer ou non. Il est captif. Le montant est un prix politique fixé par le gouvernement en interaction avec les lobbys concernés. En Suisse, comme ailleurs, le corporatisme est la clé pour certaines entreprises dans le but de lutter contre l’instabilité d’une société libre.

Nos médias, et il est important de le souligner, ne sont pas aussi politisés et aidés que dans les pays alentours. Nous n’avons pas de culte médiatique du politique, pas de gouvernement majoritaire et le politique est par conséquent moins incité à accorder des privilèges aux médias ou à les contrôler. La fragmentation du pouvoir de la Suisse et la faiblesse médiatique de nos politiciens de milice a certainement favorisé à notre pays un environnement plus propice à la liberté.

Aujourd’hui, face aux changements technologiques, les entreprises se transforment et s’affrontent sur un même canal médiatique : l’internet. Les chaines de télévision se mettent à écrire des articles accompagnant leurs vidéos en ligne et la presse écrite filme ses interviews. Les frontières entre les canaux médiatiques s’amenuisent et s’effacent. Cette mutation de l’industrie des médias restructure totalement nos habitudes mais elle nous met surtout face à des incohérences institutionnelles que nous maintenions depuis des décennies : nous avons des médias avec clientèle captive et d’autres avec une clientèle libre.

L’initiative NoBillag, en dehors des slogans et des cris d’orfraie, pose une réelle question de société : souhaitons-nous un paysage médiatique soumis à la politique et à son jeu, ses logiques, ou aux citoyens et à leurs choix ?

Nous n’avons jamais caché que les valeurs que nous défendons avec cette initiative impliquent du mouvement et des changements. Nous pensons sincèrement que si la Suisse va si bien et est le pays le plus libre économiquement en Europe, ce n’est pas un accident mais le fruit d’une histoire et d’un régime politique où les citoyens peuvent dire « stop » à la politique et leur clientélisme. Nous vous invitons à revendiquer vos droits, notamment celui de choisir, à rétablir un environnement sain et cohérent dans nos médias et à séparer clairement la politique des médias en disant OUI à l’initiative pour la suppression des redevances radio/télévision.

Frédéric Jollien

Membre du comité NoBillag

 

 

 

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TTC : le décryptage

Trois jeunes suisses-allemands ayant suivi le cursus d’économie sur les bancs de l’Université de St-Gall, lancent sur un coup de tête une initiative pour supprimer les redevances. Cette dernière est cependant essentielle pour permettre à toutes les régions linguistiques d’avoir une information de qualité, aux malentendants d’avoir des sous-titrages, à la chaîne du bonheur d’aider les personnes dans la nécessité et aux festivals et au cinéma suisse d’être financé. De plus, la perte de cette redevance entrainerait une hausse des coûts pour les ménages qui devraient payer, pour la même prestation qu’actuellement, un coût prohibitif jusqu’à deux à trois fois le prix de la redevance. Si le contour du service public peut être discuté et que le débat politique doit avoir lieu, on ne peut accuser la SSR d’abuser de l’argent public car ils touchent des salaires tout à fait acceptables (Darius ne touchant qu’environ 10’000.- par mois !).

C’est le message que vous avez certainement tous retenu de l’émission TTC du lundi 5 février sur la SSR. Permettez-moi d’apporter une critique de cette émission au contenu clairement à charge et qui, comme toute la campagne « d’information publique »  qui entoure l’initiative depuis maintenant 4 mois, contribue à confisquer le débat.

Tout d’abord, la focalisation sur l’Université de St-Gall dans ce débat devient ridicule. Moi-même, formé comme enseignant en primaire, a été plusieurs fois « accusé » d’en avoir suivi le cursus. L’un des initiateurs de l’initiative ne l’a pas suivie contrairement à ce qui a été dit dans cette émission et le fait que M. Jutztet, président du comité romand, y fasse sa formation actuellement, revient perpétuellement dans les débats. Pourrait-on savoir ce que les journalistes ont contre cette école ? J’ignore ce qu’il s’y enseigne mais on dirait qu’il y a un consensus médiatique sur la dangerosité du lieu.

De plus, la caste des indispensables nous rappelle sans cesse le flot de leurs prestations comme si seule leur entreprise pouvait les fournir. Pourrait-on savoir en quoi celles-ci ne pourraient-elles pas être crées par d’autres prestataires ? Ne pourrait-on pas mettre les prestations sociales et culturelles sous la direction de la collectivité et les soumettre à un appel d’offres tout comme pour bon nombre de prestations publiques ? La SSR se prend pour un office fédéral de la culture délivrant ses bienfaits sur la nation suisse sans être soumise au vote ou aux élections. Une démonstration de ce qu’on appelle le corporatisme : se soustraire de la concurrence, s’assurer de la stabilité des rentes par l’Etat et bien faire comprendre à la population que sa soumission lui est bénéfique.

La SSR sait qu’une partie de la population acceptera l’initiative pour des raisons pécuniaires. Il s’agit donc de rapidement détruire cet argument. Premièrement, bien rappeler que la ministre de tutelle a fait preuve de bienveillance en promulgant une baisse de la facture pour les ménages. Tout comme lors de la campagne sur la LRTV en 2015, ne mettre en avant que ce fait et occulter de dire que ce sont tous les ménages qui y seront soumis, y compris ceux qui ne possèdent pas de téléviseur ou de radio. Pour la question de la taxation des entreprises on se focalisera aussi uniquement sur le fait que 75% des entreprises ne paieront plus rien en omettant de dire que cela est calculé en fonction du chiffre d’affaire, que cela touche bien plus d’emplois, que le prélèvement sur les entreprises passera avec le nouveau régime de 41 millions de francs à 170 millions et qu’il implique une transformation de la redevance en taxe sur les entreprises ce qui aurait dû nécessiter un changement constitutionnel. On ne critiquera surtout pas la manoeuvre politique où il s’agit d’augmenter la facture sur la société civile en se faisant passer pour une réformatrice de talent et en ayant fait croire aux citoyens que dorénavant ils paieront moins.

Tout ceci n’a évidemment pas été présenté par notre média public. La SSR fait toujours preuve d’un grand sens critique lorsqu’il s’agit de dénoncer la communication politique de son patron. Vous savez, cette fameuse main qui la nourrit et qui lui permet d’être « indépendante ».

Dans un deuxième temps, on fait un exposé des prix en comparant avec les offres des entreprises privées actuelles. On occulte largement le fait qu’elles agissent dans un marché où le média public fournit des prestations obligatoires. On oublie le fait qu’elles travaillent donc sur un marché de niche là où la SSR n’a toujours pas revendiqué ses droits. On fait des additions sur des prestations à l’unité, dans un marché de niche réservé à des passionnés qui sont prêts à y mettre le prix, pour le comparer au prix d’une redevance prise par la force sur tous les ménages. On compare des pommes avec des poires et on sort les trompettes pour clâmer victoire. Bref, c’est tout, vraiment tout, sauf du travail sérieux et économique.

Finalement, on fait une démonstration à l’emporte pièce sur le fait qu’ils ne profitent pas de l’argent public en dévoilant le salaire de leur présentateur star. Quand on regarde les chiffres de leur rapport annuel, seul document de compte accessible, on peut simplement diviser la masse salariale des cadres par leur nombre et on arrive vers les 17’000 CHF par mois en moyenne et cela sans tenir compte des 16% de temps partiels. Ces faits sont sans doute moins intéressants à présenter que les 10’000 francs par mois de M.Rochebin. D’autant plus, le salaire de Monsieur Rochebin, est-il en net, brut, sans, avec avantages ?

Quand vous regarderez les Jeux Olympiques d’hiver et que certains journalistes profiteront pour la énième fois de vous rappeler que sans la redevance et leur clientèle captive tout cela serait impossible, rappelez vous que pour Sotchi la Suisse avait envoyé bien plus de personnel (environ une centaine) que France Télévision (une soixantaine). La Suisse, c’est ce petit pays où sa télévision publique juge qu’elle doit couvrir pour 50 heures de plus qu’un pays de 70 millions d’habitants.

Vous vous demandez d’où je tire mes chiffres en sachant qu’on ne peut demander la comptabilité de l’entreprise (art. 17 de la LRTV) ? Je tire cela d’un show de 120 secondes, datant de mars 2014, avant le lancement de notre initiative où les présentateurs n’avaient pas de problème à dévoiler la politique de l’entreprise. Un épisode qui avait d’ailleurs été retiré de la plateforme youtube pour éviter la polémique et qu’ils ont rediffusé peu après lorsque nous l’avons annoncé au public (sachant que l’épisode était de toute manière enregistré sur d’autres sites).

Je ne sais pas si nous gagnerons le 4 mars. Il est clair que face à l’artillerie médiatique de nos adversaires nous faisons pâle figure. Ce que je sais cependant c’est qu’à titre personnel je n’ai plus aucune confiance en la SSR, que leur indépendance est un nuage de fumée, que le gouvernement et les partis politiques ont aussi des intérêts qui ne sont pas tous « communs » et que je ne regarderai plus jamais la politique et la télévision de la même manière.

Frédéric Jollien

Jeune libéral-radical et membre du comité NoBillag

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Service public de l’audiovisuel : l’impossible neutralité

Un argument souvent avancé en faveur d’un service public de l’information financé par une redevance plutôt qu’un service dit « commercial» qui serait soumis aux lois du marché est celui de la neutralité : le service public serait plus à même de respecter une certaine objectivité journalistique, la pluralité des opinions et la neutralité de point de vue. La théorie des choix collectifs aussi bien que la pratique sociopolitique réfutent aisément cette idée reçue.

On sait depuis le théorème d’Arrow que les choix individuels ne peuvent être agrégés pour dégager un choix « collectif » qui respecte les préférences de chacun. Un service public de l’information (et également du loisir, du spectacle, du sport, etc.) n’échappe pas à cette loi : il impose ses choix propres qui ne sont pas ceux de la population, mais plutôt ceux d’une « élite éclairée » autoproclamée.

En pratique, ce service public se coupe d’emblée de son « public » en refusant sa sanction et son libre choix : le client est devenu un usager restant éternellement « redevable » à ce prétendu fournisseur qui le contraint à financer des programmes.

La neutralité ne saurait être décrétée par une loi et un financement obligatoire. Les journalistes du service public ne peuvent se targuer d’avoir le monopole de la hauteur de point de vue : chacun possède ses biais et sa vision du monde et ça n’est que dans la confrontation des idées, la recherche et l’investigation que la vérité progresse au détriment des « fausses nouvelles » ou des « biais idéologiques ».

Les « fake news » peuvent tout autant être présentes dans les médias publics que ceux du privé. Les exemples de « biais du privé » cités par nos contradicteurs (Blocher, Berlusconi, CNN, …) ne sont pas mis face aux « biais du public » (Russia Today, FIS, …). Il y a une volonté malhonnête de réduire la réalité à une association « privé = biaisé » et « public = indépendant ».

La neutralité ou l’attachement aux faits dépend avant tout du dynamisme du système et du travail des acteurs de l’information. Or, le système de redevance vient entraver ce dynamisme : plutôt que d’essayer d’attirer les citoyens par la qualité des émissions, on a parfois l’impression qu’un certain « camp du bien » décide des sujets à traiter, de la façon de les traiter et de les imposer à l’usager, accentuant la coupure entre la population et une élite prétendument à son service. Cette élite qui selon ses statuts ne poursuit aucun but lucratif, mais en profite pour s’arroger des privilèges importants et qui sont libres d’agir selon leur bon plaisir.

Les articles et les images de campagne des contradicteurs de l’initiative démontrent cette arrogance : les initiants et leurs supporters, opposés à leur point de vue, sont tantôt associés au président Trump, au régime politique d’Orban, à Berlusconi ou à Blocher. L’initiative est même soupçonnée d’être financée par « les riches de l’UDC » alors que ce parti ne s’est même pas prononcé sur le sujet.

En réalité, l’indépendance et le pluralisme ne requièrent absolument pas un service financé par la loi  : ils se développent dès qu’on laisse libres les acteurs médiatiques de se confronter et prouver la validité de leurs investigations. C’est le « plébiscite quotidien » du public qui assure leur succès, plutôt qu’une obligation fiscale. Les acteurs privés qui ne répondront pas aux attentes de leurs abonnés (qui ne sont plus de simples « usagers ») disparaîtront ou diminueront et les « biais » possibles liés à la nature de leur actionnariat, étant notoires, ne pourront que les desservir au bénéfice des concurrents.

Bien loin d’enrichir un écosystème médiatique, le service public assèche l’offre, biaise les débats, cache les vrais problèmes et impose une certaine pensée. La neutralité des médias n’existe pas a priori, elle ne s’obtient que par la possibilité de sanction, le libre choix du citoyen et la liberté de proposer des programmes. L’utilisateur d’Internet est déjà familiarisé avec ces prérequis et comprend de moins en moins qu’on l’oblige à financer un système arbitraire politique et corporatiste d’un autre siècle.

Un texte de Frédéric Jollien, membre du comité No Billag Romandie

 

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No-Billag ou le triomphe de l’innovation

En 1996, le Conseil Fédéral propose de libéraliser les télécommunications au vue des progrès technologiques dans le domaine. Il propose de mettre fin aux PTT (Postes, téléphones, télégraphes) fondés en 1920 pour contrôler et étendre le réseau téléphoniques en Suisse. Ainsi le 1er octobre 1997, Télécom PTT devient Swisscom. Le résultat en 2017 ? Plusieurs opérateurs téléphoniques en concurrence, des prix d’abonnement qui chutent, des coûts de téléphonie mobile toujours plus bas et une offre de meilleure qualité. Ce malgré un monopole de l’opérateur historique durant deux décennies sur le « dernier kilomètre ».

Autre secteur, même logique. Dans les années 50, le Conseil Fédéral propose de prélever une redevance pour soutenir le développement de la télé hertzienne. La radio-télévision est considérée, à ce moment-là, comme un bien public. La raison ? Personne ne peut, techniquement, être « exclu » de la consommation de ce bien, soit regarder la télé. En effet, il n’était pas technologiquement possible, à cette époque, d’empêcher un ménage de regarder la télévision suisse. À part bien sûr en leur enlevant leur poste de télévision. Ainsi la procédure de perception des redevances a été d’exonérer les ménages qui ne possédaient pas de poste de télévision. De fait les percepteurs étaient sûr d’éviter que certains regardent la télévision sans payer leur dû.

Hors avec l’innovation technologique, les moyens de regarder la télévision suisse se sont démultipliés. Que ce soit sur votre ordinateur, votre téléphone ou encore votre tablette, il existe aujourd’hui une multitude de canaux. La réponse du législateur dans la loi fédérale RTV votée en 2015 à cette innovation se résume à: « taxons tout le monde ! Et les entreprises plus que les autres ! ». Pourtant cette même innovation technologique permet maintenant d’exclure ceux qui ne veulent pas regarder les chaînes de la SSR. Par exemple pour les chaînes privées, seuls les abonnés à Teleclub peuvent la regarder, idem pour Canal+ ou BEIN sport. C’est donc faisable.

Ainsi l’initiative « oui à la suppression des redevances billag » permet d’utiliser pleinement les moyens technologiques existants et redonne la liberté au citoyen. Libre à lui de choisir son média audiovisuel. Qui peut avoir l’arrogance de dire à ses concitoyens ce qu’ils doivent regarder et ce qu’ils doivent payer pour le faire ?

Supprimer la redevance obligatoire permet également de mettre fin à une concurrence déloyale. Oui il existe des médias privés qui fournissent du contenu informatif, de divertissement, audiovisuel, de proximité, de haute valeur ajoutée. Mais ceux-ci, soumis aux imprévisibilités du risque entrepreneurial, ne bénéficient pas d’un fonds de garantie de plus d’un milliard par an. Ils doivent convaincre des nouveaux clients, fidéliser leur public, investir pour s’améliorer, explorer des nouveaux horizons, bref évoluer dans un monde sans cesse changeant avec des citoyens aux envies, elles aussi, sans cesse changeantes.

Personne ne voudrait être forcé de payer un abonnement de téléphonie mobile chez Swisscom, pour ensuite préférer payer volontairement un abonnement chez Sunrise pour profiter de leurs services. Ainsi ne forçons pas les citoyens à s’abonner à la SSR, laissons-les choisir pour ce qu’ils veulent payer.

Thomas Birbaum – Membre du comité No Billag Romandie

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La SSR : Bouc-émissaire ou assisté victimaire?

En tant que partisans de l’initiative No Billag, la lecture de l’opinion de M. Torracinta dans l’édition du Temps du 28 novembre 2017 ne peut nous laisser insensibles. Nous prenons donc la plume pour quelques rectifications suite à ses propos.

Nous tenons à rappeler, une fois encore, que contrairement à ce qui est constamment asséné par nos opposants, notre initiative n’a pas comme but de supprimer la SSR mais de réformer son mode de financement. Cette initiative n’est pas un procès des programmes diffusés mais de l’anachronisme imposé aux administrés cotisant pour cette taxe. La question n’est pas de savoir ce que l’on regarde, mais de décider ce que l’on regarde. À cette question le modèle actuel ne répond que par une situation de quasi- monopole dont jouit la SSR et ce au détriment de 21 radios locales privées et 13 télévisions régionales qui reçoivent qu’une infime partie de cette redevance. Au delà de saper toute concurrence, il se pose une question de justice : Pourquoi ces 34 canaux d’informations ne bénéficient-ils que des miettes de la redevance ? Et que faire de la concurrence déloyale subie par les médias de la presse écrite, notamment sur internet ?

Cette injustice se légitime en usant d’une rhétorique pseudo-souverainiste. La pertinence de cette dernière est évidemment moindre : non seulement parce que la SSR n’a jamais eu le monopole de l’identité nationale, mais également car cet argument, déjà brandi lorsque le monopole de Swisscom était remis en question, a volé en éclat sur le mur de la réalité du marché : En 2017, Swisscom est toujours suisse, et à l’instar de Sunrise ou d’autres opérateurs, tels que Salt ou Yallo qui même s’ils ne sont pas suisses, créent des emplois dans notre pays. Aux pourfendeurs de l’ouverture du marché nous répondons par la condamnation d’un égoïsme inadmissible tentant de freiner tout élan de réforme pour une minorité de privilégiés ».

Les médias audiovisuels touchant la redevance n’ont pas le monopole de la transmission de l’information. La preuve est que M. Torracinta prend la parole via un média écrit privé ne touchant pas la redevance en question. Passer par un tel canal n’a rien de surprenant puisque les jeunes regardent de moins en moins la télévision, alors qu’ils n’ont pourtant jamais été autant connectés.

Nous demandons aujourd’hui à ne pas payer quelque chose que nous ne consommons pas. Comparer le financement d’une école n’est pas similaire au financement de la SSR dès lors que, contrairement à l’éducation, regarder la télévision est un loisir. Un loisir qui peut même avoir des effets néfastes sur le cerveau selon une étude publiée mercredi 2 décembre 2015 dans le Journal of the American Medical Association Psychiatry (JAMA). Nous espérons que les forces du progrès, qui se battaient jadis contre cet emblème de la surconsommation, accusée d’abrutir les foules, sauront proposer à l’avenir des comparaisons plud pertinentes.

M. Torracinta admet que la SSR doit changer. Toutefois, il qualifie notre initiative d’extrême. Si en 2017, est extrémiste celui qui souhaite rendre au peuple le droit de choisir ses médias, alors oui, nous acceptons cet adjectif. Il regrette ensuite l’absence d’alternative. Or si cette dernière n’existe pas, c’est parce que ni le Parlement, le Conseil fédéral ou la SSR n’en a voulu. Tout le monde s’accorde (sauf peut-être la SSR) à dire que la situation actuelle est tout sauf satisfaisante. Différentes critiques existent,

malheureusement la classe politique a démontré toute son incapacité à imaginer une réforme qui puisse convaincre ne serait-ce qu’une majorité au parlement. Sur ce dossier, la solution viendra de la rue, ou n’existera pas. Le 4 mars 2018, nous vous donnons cette possibilité unique. En votant OUI à No Billag, on se donne le droit de réformer un système injuste et dépassé.

Louise Morand – Responsable No Billag Genève / Membre du comité des JLRS

Matthieu Dinet – Responsable No Billag Fribourg / Président UDC Sarine