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Toute personne qui veut des réformes, doit voter oui

La question qui se pose le 4 mars, en plus de savoir si le citoyen est capable de choisir par lui-même, souverainement ses médias, est celle de la volonté réelle de réformer le système. Or ce débat est pour l’instant trop peu abordé. A entendre les différentes parties prenantes, le besoin de réformer et de faire évoluer le modèle actuel est incontesté. La volonté réelle est, et c’est ce qui explique en partie l’existence de l’initiative, bien moins présente que ce qu’il paraît aujourd’hui. Dans les travées du parlement, les réformateurs existent. Dans le secteur des médias, ils se placent malheureusement dans le camp de ceux qui réforment en augmentant les dépenses et la charge de l’Etat. Les autres sont isolés en commission et en plénum.

Au parlement ou en commission, aucune majorité réformatrice ne fut trouvée. Pour soutenir un contre-projet qui voulait diviser la redevance par deux ? Une partie du groupe UDC. Pour soutenir le plafonnement de revenus de la redevance qui reviennent à la SSR, à 1.1 milliard ? Là encore, personne, ou si peu. Des opposants au moment d’accorder le droit à la SSR de faire de la publicité ciblée, et donc de durcir la bataille pour le gâteau publicitaire ? On attend toujours. Une levée des boucliers qui s’oppose à la régie publicitaire Admeira, qui renforce encore un peu plus la toute puissance de la SSR ? La liste des rendez-vous manqués est longue

D’accord sur rien, mais unis contre le changement

Si l’on en croit son récent papier de position, le parti libéral radical souhaite voir les entreprises exemptées de la redevance. Ce même parti qui refuse de voter tout contre-projet, qui refuse d’envisager une baisse des recettes, devrait nous expliquer par qui et comment sera compensée l’exemption des entreprises ? Par les citoyens ? Autre point exigé, le refus de subventionner des médias en ligne. Cette demande, floue, est en contradiction totale avec la prise de position de la Commission fédérale des médias et de bon nombre de politiciens de gauche et du centre qui, toujours ingénieux pour dépenser l’argent du citoyen, semblent désormais s’accorder sur la pertinence d’élargir les subventions à l’ensemble de la branche, presse écrite comprise. On veut arroser plus d’acteurs, tout en promettant que les dépenses baisseront. Ils parlent d’une baisse de la redevance pour les particuliers et d’une exemption pour les entreprises tout en souhaitant augmenter le nombre des bénéficiaires de l’arrosoir de la redevance. C’est contradictoire et promet des lendemains sans réformes, assurément.

On voit mal comment un parlement déjà en désaccord sur la simple direction à suivre en cas de refus de l’initiative, pourrait brusquement se transformer en moteur d’une réforme en profondeur d’un système dépassé et injuste qui nécessite assurément un « reset » pour affronter les changements du XXIe siècle. On ne réforme pas une vache sacrée au sortir d’une victoire du statu-quo dans les urnes. Bien au contraire.

Voter oui c’est donc enfin donner le coup d’envoi des réformes, nécessaires et urgentes, d’un acteur qui s’est trop longtemps reposé sur ses lauriers et qui aujourd’hui, en plus de refuser de présenter un plan B, se permet de dissimuler son plan R, comme réforme. Il l’esquisse tout au plus au travers d’une interview sans l’exposer au débat. Au lieu de la transparence attendue d’une institution censée appartenir aux citoyens, nous avons droit au plan A, comme arrogance. On peint le diable sur la muraille pour éviter les obligations populaires car comme en 2015, il nous faudrait tout d’abord accorder au politique sa victoire dans les urnes pour ensuite voir apparaître les réformes et les discussions promises. Nous savons tous qu’en 2015, cette promesse n’a débouché sur rien. Les citoyens ont le droit de savoir ce qui les attend, ils doivent avoir accès aux détails de ses réformes. Or rien n’a été proposé jusqu’à maintenant !

Ce faisant, chacun est libre de choisir désormais son destin le 4 mars 2018. Celui qui veut garder l’édifice actuel avec l’ensemble de ses défauts, peut légitimement s’opposer à notre initiative. Celui qui préfère l’assurance de réformes, à l’attente patiente de voir des promesses jamais tenues se réaliser subitement, votera oui. Le 4 mars nous pouvons donner la responsabilité aux citoyens de choisir eux-mêmes quel média ils souhaitent soutenir mais en plus, nous pouvons donner la responsabilité à nos élus de réformer un système qui jusqu’à présent semblait intouchable. Ils auront à démontrer cette capacité à réformer qu’ils nous vantent actuellement, au moment d’élaborer la loi d’application.

Nicolas Jutzet

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La liberté  ne m’effraie pas

Aujourd’hui, si je m’engage pour l’initiative No Billag, c’est parce que j’ai confiance. Tant pis si je me mets à dos ceux qui auraient pu me permettre un futur en politique. Je ne me tairai pas. Actuellement, les Suisses choisissent leur nourriture, leur formation, leurs législateurs, mais pas leurs médias audiovisuels. Comment peut-on estimer que la population est incapable de choisir ses médias, alors qu’on lui permet de faire des choix vitaux pour l’avenir de notre pays?

Non, nous n’avons pas tous les mêmes envies. Certains préfèrent bouquiner, d’autres regarder le dernier Temps Présent, ou encore s’enthousiasmer pour Danse avec les Stars. Grand bien leur fasse! Ça n’est pas à moi, ou à quiconque d’autre, de vous forcer à financer les loisirs d’un autre. Les radios et télévisions suisses font un travail superbe, cependant elles ne sont pas les seules à proposer de l’information (la presse écrite?) ou du divertissement (Netflix? Spotify?). Pourtant, seuls les médias audiovisuels touchent une rente. Qu’on en use ou non. Les jeunes regardent par ailleurs de moins en moins la télévision. Nous préférons utiliser d’autres supports plus adaptés à nos envies.

Je comprends que la transition fasse peur. Mais l’ancien modèle a vécu. Il est temps de le remplacer. Il date d’une époque où la seule possibilité d’avoir la télévision était par le biais d’un financement étatique. Est-ce vraiment encore le cas aujourd’hui? Avec Internet, on peut contrôler qui consomme quoi. Les producteurs peuvent donc restreindre l’accès et le consommateur peut cibler ses envies. Il existe une multitude de plans B. Pas plus tard que la semaine dernière, des députés valaisans ont proposé un abonnement cantonal de 7 francs par mois pour les radios et télévisions locales sur le modèle du consentement présumé. Tout ménage ne voulant pas d’un tel abonnement pourrait y renoncer et donc ne rien payer. On ne peut prédire avec certitude ce que la population fera une fois sa liberté retrouvée. Mais on ne peut pas non plus prévoir ce qui se passera en cas de non. Il n’y a aucune garantie de changement, aucune garantie que ce pour quoi on vous oblige à payer sera de qualité. La seule certitude, c’est que vous passerez à la caisse.

Cette campagne est menée par des jeunes. Enfin, on s’intéresse à ce que nous pouvons penser. On nous reproche notre âge, notre inexpérience, notre ambition. Certes. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit d’avoir des idées légitimes et de nous battre pour elles. À ce vieux système qui veut nous faire taire, nous répliquons: le monde de demain, nous le vivrons.

Par mon vote le 4 mars, je dis oui à une liberté retrouvée. Ce système dépassé et injuste ne mérite pas mon soutien. Oui à No Billag le 4 mars. Parce que la liberté ne m’effraie pas. Et vous?

Louise Morand – Responsable No Billag Genève

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Entre corporatisme et liberté

Lorsqu’on est en voyage, on est souvent impressionné par les différences significatives qui existent entre les organisations politiques des pays. Je discutais récemment avec une journaliste française qui apprit avec étonnement que dans notre pays la presse écrite ne touche pas de subvention directe de la part de l’Etat. Chaque année en France, l’Etat distribue plusieurs centaines de millions d’euros en aide directe aux journaux du pays et leur donne également une quantité importante d’aides indirectes ainsi qu’un abattement fiscal pour les journalistes. Lorsque la baisse du lectorat et les revenus publicitaires se firent sentir en 2016, c’est la ministre de tutelle qui annonça un soutien indéfectible aux journaux pour empêcher leur disparition. En Suisse romande, l’Hebdo disparut et on lui rendit hommage tout en saluant le courage des nouveaux entrepreneurs qui lancèrent un journal sur un nouveau modèle éditorial.

Je notais avec amusement que comme ici pour défendre la redevance, ces subventions françaises sont justifiées officiellement par une nécessité de « représentativité de la pluralité des médias» ainsi que pour défendre le « débat et le pluralisme démocratique ». Pourtant en Suisse, malgré une bien moindre population, nous maintenons une diversité de la presse et une couverture régionale exemplaire et cela sans subvention nationale.

Quand les changements de goûts, de technologie ou encore de valeurs transforment les habitudes des citoyens, le principe de base de la Suisse est de respecter leurs avis. Lorsque les fichiers musicaux électroniques apparurent, personne ne leva le petit doigt pour les disquaires. Les entreprises naissent, se transforment et parfois meurent. C’est le secret d’une société qui évolue, qui choisit et qui prospère.

En Suisse, si c’est le cas pour la presse écrite, il en va tout autrement de la télévision et de la radio. Malgré la perte d’auditeurs, nous n’avons cessé de payer de plus en plus pour leurs services. Depuis l’entrée en vigueur de la redevance, la facture n’a cessé de prendre l’ascenseur malgré l’augmentation de notre population et l’amélioration technologique. La raison est simple : le citoyen n’a pas le choix de payer ou non. Il est captif. Le montant est un prix politique fixé par le gouvernement en interaction avec les lobbys concernés. En Suisse, comme ailleurs, le corporatisme est la clé pour certaines entreprises dans le but de lutter contre l’instabilité d’une société libre.

Nos médias, et il est important de le souligner, ne sont pas aussi politisés et aidés que dans les pays alentours. Nous n’avons pas de culte médiatique du politique, pas de gouvernement majoritaire et le politique est par conséquent moins incité à accorder des privilèges aux médias ou à les contrôler. La fragmentation du pouvoir de la Suisse et la faiblesse médiatique de nos politiciens de milice a certainement favorisé à notre pays un environnement plus propice à la liberté.

Aujourd’hui, face aux changements technologiques, les entreprises se transforment et s’affrontent sur un même canal médiatique : l’internet. Les chaines de télévision se mettent à écrire des articles accompagnant leurs vidéos en ligne et la presse écrite filme ses interviews. Les frontières entre les canaux médiatiques s’amenuisent et s’effacent. Cette mutation de l’industrie des médias restructure totalement nos habitudes mais elle nous met surtout face à des incohérences institutionnelles que nous maintenions depuis des décennies : nous avons des médias avec clientèle captive et d’autres avec une clientèle libre.

L’initiative NoBillag, en dehors des slogans et des cris d’orfraie, pose une réelle question de société : souhaitons-nous un paysage médiatique soumis à la politique et à son jeu, ses logiques, ou aux citoyens et à leurs choix ?

Nous n’avons jamais caché que les valeurs que nous défendons avec cette initiative impliquent du mouvement et des changements. Nous pensons sincèrement que si la Suisse va si bien et est le pays le plus libre économiquement en Europe, ce n’est pas un accident mais le fruit d’une histoire et d’un régime politique où les citoyens peuvent dire « stop » à la politique et leur clientélisme. Nous vous invitons à revendiquer vos droits, notamment celui de choisir, à rétablir un environnement sain et cohérent dans nos médias et à séparer clairement la politique des médias en disant OUI à l’initiative pour la suppression des redevances radio/télévision.

Frédéric Jollien

Membre du comité NoBillag

 

 

 

Journal de campagne

Quatrième épisode – du 27 décembre au 14 janvier

La campagne est définitivement lancée! Les discussions durent depuis plus d’un mois, mais désormais, on entre dans le vif du sujet. C’est dans les prochaines semaines que tout se joue. Notre équipe de bénévoles se tient prête, pour gagner ce combat, avec, et surtout, grâce à vous. Mais avant de nous atteler à gagner cette votation, revenons sur les quelques événements des dernières semaines.

Service public de l’audiovisuel : l’impossible neutralité

Avant la fin de l’année 2017, Frédéric Jollien a résumé, dans un article paru sur notre site, pourquoi le sytème actuel se basait sur une erreur de pensée. En quelques mots : « l’indépendance et le pluralisme ne requièrent absolument pas un service financé par la loi  : ils se développent dès qu’on laisse libres les acteurs médiatiques de se confronter et prouver la validité de leurs investigations. C’est le « plébiscite quotidien » du public qui assure leur succès, plutôt qu’une obligation fiscale ». Pour une réelle diversité et les mêmes conditions pour tous, en abolissant les privilèges de certains acteurs, sur le dos du reste, c’est un oui qu’il faudra glisser dans l’urne.

Bonne année 2018 !

« Cachez cette vidéo que je ne saurais voir » – L’épisode mégalomane des Vincent

Suite à une publication sur notre page Facebook, qui renvoyait simplement vers une vidéo, datant de leur époque sur Couleur 3, qui se gaussait des incohérences et des dérives du système Billag, la RTS a « rendu momentanément indisponible » le sketch humoristique en question. Apparement, le contenu gêne désormais les auteurs. Vous pouvez retrouver notre communiqué de presse sur la thématique en cliquant ici.

Nous regrettons le manque d’humour des comédiens lorsque leurs sketchs ne les arrangent plus et nous nous excusons bien évidemment de trouver leur humour drôle. Par avance, nous vous demandons bien évidemment de ne plus regarder ces vidéos, disponibles pour toute la population via internet, mais apparemment indisponible pour la communauté de notre page, qui pourtant paie la redevance… et donc le contenu de ses vidéos. Mais votre rire heurte, soyez compréhensifs.

Une polémique qui en dit long sur les incohérences du système actuel 

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Une autre publication sur facebook a suscité beaucoup de réactions. Bien au-delà de notre communauté habituelle. Selon des informations du journal Le Temps, les employés de la SSR restent exemptés de redevance. Bien conscient que cette situation était injustifiable, la direction de la SSR a annoncé dès 2014 qu’elle allait y mettre un terme. Rien à voir avec le lancement de notre initiative qui date de la même année, évidemment. Toujours est-il que, après tractations, cette faveur a même été prolongée d’un an, jusqu’en 2019! Et qui paie cette facture, à votre avis ?

Contraindre tout le monde à payer et faire campagne activement sur les réseaux sociaux, ça ne les gêne pas par contre…

Notre initiative permettra aux ménages de ce pays de bénéficier de la même situation, ne plus avoir à payer la redevance!

Facture Billag, une dernière douloureuse

Qui dit début d’année, dit arrivée de la facture Billag. Que du bonheur, cette obligation de payer pour un service que certains ne désirent et/ou ne peuvent pas se permettre de payer !

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A condition de mobiliser le public qui soutient massivement l’initiative, il est fort probable que cette facture soit la dernière ! Qu’elle soit envoyée par Billag pour 2018, ou par Serafe, – l’entreprise qui prendrait le relai en cas de maintien de ce système dépassé et injuste – cette facture énerve de nombreux citoyens. Il est temps d’y mettre un terme.

Finalement, le samedi 13 janvier, nous avons pu présenter notre initiative à l’assemblée des délégués du PLR, réunie à Bienne. Contrairement au groupe parlementaire et à ses dirigeants, la base semble ouverte à la discussion sur ce thème. Les nombreux témoignages et les questions en attestent. A la fin d’un débat ouvert et équilibré, nous parvenons à convaincre 82 personnes, contre 204 voix pour le non et 12 abstentions. Pour rappel, selon les premiers sondages, dans la base du PLR, l’initiative récolte un soutien indiscutable.

 

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Aidez-nous à convaincre une majorité des citoyens 

Notre matériel de campagne est désormais disponible. Tout un chacun peu commander des flyers, des autocollants et des affiches via notre site internet. Des nombreuses distributions auront lieu dans les prochaines semaines, dans la rue, dans les gares. Vous aurez également l’occasion de venir nous poser vos questions sur nos stands, un peu partout en Suisse romande! On vous tiendra au courant sur notre page facebook.

En attendant, voici quelques images qui résument parfaitement, avec humour, le catastrophisme ambiant de nos opposants, qui ne savent vraiment plus quoi inventer pour tenter de justifier l’existence d’un modèle vétuste :

 

Au plaisir,

Nicolas Jutzet pour le comité NoBillag

Journal de campagne

Journal de campagne NoBillag / 2 décembre – 26 décembre

26 décembre

Nous savions qu’en défendant cette initiative, nous ferions face à une opposition très forte dûe à l’énorme enjeu financier entourant ce système dépassé de clientèle captive. Nous savions que les prétentions de neutralité des bénéficiaires de la redevance sont des nuages de fumée pour mieux endormir les assujettis. Mais nous ne pensions pas que cette campagne en ferait à ce point la démonstration.

Nous avons choisi de reprendre ici quelques exemples :

Les comparatifs aventureux des contradicteurs à l’initiative

Dans leur course au catastrophisme, nos contradicteurs s’essaient ces dernières semaines à des comparaisons hasardeuses. Sur une vidéo de campagne, une journaliste de la télévision nationale grecque décrit les événements suite à la faillite de leur Etat et la privatisation de son entreprise médiatique nationale. Elle y décrit la catastrophe démocratique de la disparition de ce média d’Etat. L’entreprise nationale grecque était totalement dépendante d’un appareil politique incompétent et corrompu qui a mené à ces terribles mesures. Le peuple grec, appauvri, ayant dû subir la lourde facture de ses politiques, et dont une grande partie se trouve encore aujourd’hui au chômage, n’avaient évidemment pas comme priorité de s’abonner à une chaine de télévision, suite à la l’incapacité financière de leur Etat à maintenir ce service. La situation économique suisse est évidemment différente. Avec un pouvoir d’achat supérieur – qui plus est délivré d’une taxe annuelle de plus de 450 francs – une situation conjoncturelle favorable, les ménages ne feraient pas face au même contexte de crise économique et pourraient s’abonner volontairement à des médias. Sans oublier que dans notre pays, tous les rapports officiels rappellent à quel point le public tient au contenu produit par la SSR et les radio/TV régionales.

L’exemple grec montre au contraire que rendre une entreprise complètement dépendante de l’Etat peut conduire à la ruine et à des changements violents. Les entreprises libres s’adaptent progressivement aux priorités et aux intérêts des citoyens et n’optent pas pour des décisions arbitraires aussi drastiques et déconnectées des prestations des journalistes ou de la volonté des citoyens. La violence d’un tel changement n’a rien à voir avec une situation de concurrence libre mais tout à voir avec les dérives corporatistes d’une politique qui veut gérer les affaires à la place de son peuple.

Autre comparaison hasardeuse : le comité a présenté l’histoire de l’aventure de Canal9 qui s’était vu autrefois refusé une contribution par la redevance et qui avait dû en appeler à la solidarité des valaisannes et des valaisans. Les donations n’avaient pas réussi à couvrir la somme initiale. Là encore, la situation n’a rien à voir avec un environnement post NoBillag : Canal9 avait continué à délivrer ses prestations, notamment gratuitement via internet, sans obligation de payer son contenu. Aucun changement donc pour l’utilisateur. Aucune incitation directe à montrer sa solidarité. Il était donc demandé aux valaisans de continuer à financer des médias qui étaient disponible sans majoration de prix pour chacun. On est loin de la solution qui passe par le paiement d’un abonnement qui donne accès seulement à ceux qui paient. Et pourtant, malgré cela, une belle somme fut réunie !

La situation montre donc au contraire que les directives arbitraires du système de redevance ne respectent pas les préférences des citoyens et démontre également dans les actes que les gens sont prêts à soutenir une entreprise locale, même sans obtenir aucune contrepartie ! Encore un magnifique autogoal.

La dystopie de 26min

Les deux Vincent ont présenté dans leur numéro final de 26min un montage digne d’un scénario hollywoodien. Plongé dans un univers dystopique, largement inspiré de la série Black Mirror, nous suivons le quotidien d’un personnage vivant dans un monde où « l’on paie ce que l’on consomme » qui se voit débiter de son compte la moindre de ses actions individuelles. Cela faisant évidemment référence à la campagne NoBillag où l’intérêt est de sortir de ce système de buffet unique où le citoyen est obligé de financer des prestations contre son gré.

En utilisant l’angle de la satire qui s’affranchit avec aisance des exigences de neutralité du mandat public sur l’information, la SSR peut se permettre un peu de propagande et utiliser l’argent de la redevance pour toucher le public avec la renommée de ses deux animateurs. Sans oublier l’appel au vote, sur un ton décalé. Et on mélange allègrement la notion d’impôt, de taxe et de redevance.

Neutralité - Avec la sourire

Evidemment, la réalité est totalement éloignée de cette fiction. Lorsqu’on paie un prix pour un produit, on paie en réalité toute une chaine de service. Lorsqu’on paie un loyer, on paie pour l’entier du service de l’immeuble comme les escaliers et les ascenseurs et il n’y a pas besoin d’une loi pour contraindre les gens à payer une offre globale.

Portons aussi un oeil attentif à deux messages envoyés subrepticement durant ce show :

Le Temps contre les gratuits : dans un kiosque à journaux du futur (oui c’est relativement absurde de penser qu’il en existerait) le Vincent du futur choisit un journal gratuit de basse qualité plutôt que le journal Le Temps situé sur le présentoir. La SSR profite donc pour lancer des fleurs aux médias traditionnels sérieux contre les gratuits. Pourtant NoBillag n’empêche aucunement les médias de qualité de vivre. L’existence du Temps le prouve amplement. Au contraire, elle permet à ces derniers de cesser de subir la concurrence déloyale actuelle, notamment en ligne. Tout le monde sera d’accord pour admettre que la concurrence déloyale que font subir la SSR et les radio/TV régionales à la presse écrite, via les différentes plateformes en ligne, c’est tout sauf « un cadeau » en ces temps de transformation du paysage médiatique. D’ailleurs, actuellement dans le monde libre de la presse écrite c’est même plutôt Le Matin dans sa version papier qui est menacé de disparition, un journal de simple facture qui perd sa clientèle en raison d’internet et des gratuits.

La SSR doit cependant créer une large alliance du monde journalistique pour lutter contre NoBillag, qui pourtant ne touche principalement qu’eux. Ces dernières années, la SSR, dans un soudain élan d’altruisme, a tenté en permanence, de jeter des ponts avec les médias privés pour éviter une guerre intestine entre eux. Le traitement des nouvelles concernant les réformes internes de Tamedia en est également une démonstration.

Blocher TV remplaçant la SSR ?

A la fin du show, un glissement de caméra nous permet de voir la tour « Blocher TV » se dresser face au spectateur. Comme dit lors du chapitre précédent de ce même journal : la campagne du Non à l’initiative tend à nous associer à la droite dure, aux « riches de l’UDC » ou même à des médias internationaux tels que Russia Today ou Fox News. Blocher ou Berlusconi fonctionnent comme des épouvantails à gogo. Pourtant quel pourcentage de la population voudrait s’inscrire à une entreprise personnelle telle que « Blocher TV » ? Bien peu… L’argument de TV Blocher est franchement ridicule. Non seulement, l’ensemble des rapports démontrent que les gens tiennent au contenu délivré par la SSR (le même public paierait dès le 5 mars pour TV Blocher?), mais en plus, Blocher lui-même répète à qui lui demande que le secteur ne l’intéresse pas !

Pour ceux qui aiment les preuves :

Et encore moins dans notre région !

L’idée est encore d’utiliser des symboles qu’une majorité réprouve pour s’attirer les faveurs de ceux-ci sans aucune réflexion critique. Et sans logique. Dans 5 minutes on va reprocher à Blocher de sauver des titres de la presse écrite ! Ou se réjouir de la perte de lecteurs de la Weltwoche, comme l’ont fait certains parlementaires à la tribune du parlement. La diversité et la vitalité de la presse, oui, mais. Et on oublie toujours de préciser que l’argent est dans le camp adverse, clairement pas chez nous !

Des nouvelles de notre campagne

Quant à notre campagne, nous passons maintenant à une phase de rencontre directe avec la population et nous organisons des vins chauds dans différentes villes de Suisse romande :

Durant les mois de janvier et février, de nombreuses distributions de flyers sont à l’agenda, un peu partout en Suisse romande. Si vous avez besoin de flyers, affiches, autocollants, etc, vous pouvez passer commande via le formulaire suivant.

Vous avez également pu voir certains de nos visuels officiels avec ces couleurs rose et vertes. Nous vous délivrerons prochainement des vidéos (certainement moins dotées que les productions de 26min 🙂 ) et d’autres images à partager sur les réseaux sociaux. Vous pouvez toujours activer le sticker « oui à No Billag » sur votre profil en cliquant sur ce lien.

Merci pour votre soutien, de vos partages d’idées, d’images et de vos messages d’encouragement ! Nous nous retrouverons l’année prochaine pour un prochain chapitre de ce journal de campagne.

Frédéric Jollien pour le comité NoBillag

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No-Billag ou le triomphe de l’innovation

En 1996, le Conseil Fédéral propose de libéraliser les télécommunications au vue des progrès technologiques dans le domaine. Il propose de mettre fin aux PTT (Postes, téléphones, télégraphes) fondés en 1920 pour contrôler et étendre le réseau téléphoniques en Suisse. Ainsi le 1er octobre 1997, Télécom PTT devient Swisscom. Le résultat en 2017 ? Plusieurs opérateurs téléphoniques en concurrence, des prix d’abonnement qui chutent, des coûts de téléphonie mobile toujours plus bas et une offre de meilleure qualité. Ce malgré un monopole de l’opérateur historique durant deux décennies sur le « dernier kilomètre ».

Autre secteur, même logique. Dans les années 50, le Conseil Fédéral propose de prélever une redevance pour soutenir le développement de la télé hertzienne. La radio-télévision est considérée, à ce moment-là, comme un bien public. La raison ? Personne ne peut, techniquement, être « exclu » de la consommation de ce bien, soit regarder la télé. En effet, il n’était pas technologiquement possible, à cette époque, d’empêcher un ménage de regarder la télévision suisse. À part bien sûr en leur enlevant leur poste de télévision. Ainsi la procédure de perception des redevances a été d’exonérer les ménages qui ne possédaient pas de poste de télévision. De fait les percepteurs étaient sûr d’éviter que certains regardent la télévision sans payer leur dû.

Hors avec l’innovation technologique, les moyens de regarder la télévision suisse se sont démultipliés. Que ce soit sur votre ordinateur, votre téléphone ou encore votre tablette, il existe aujourd’hui une multitude de canaux. La réponse du législateur dans la loi fédérale RTV votée en 2015 à cette innovation se résume à: « taxons tout le monde ! Et les entreprises plus que les autres ! ». Pourtant cette même innovation technologique permet maintenant d’exclure ceux qui ne veulent pas regarder les chaînes de la SSR. Par exemple pour les chaînes privées, seuls les abonnés à Teleclub peuvent la regarder, idem pour Canal+ ou BEIN sport. C’est donc faisable.

Ainsi l’initiative « oui à la suppression des redevances billag » permet d’utiliser pleinement les moyens technologiques existants et redonne la liberté au citoyen. Libre à lui de choisir son média audiovisuel. Qui peut avoir l’arrogance de dire à ses concitoyens ce qu’ils doivent regarder et ce qu’ils doivent payer pour le faire ?

Supprimer la redevance obligatoire permet également de mettre fin à une concurrence déloyale. Oui il existe des médias privés qui fournissent du contenu informatif, de divertissement, audiovisuel, de proximité, de haute valeur ajoutée. Mais ceux-ci, soumis aux imprévisibilités du risque entrepreneurial, ne bénéficient pas d’un fonds de garantie de plus d’un milliard par an. Ils doivent convaincre des nouveaux clients, fidéliser leur public, investir pour s’améliorer, explorer des nouveaux horizons, bref évoluer dans un monde sans cesse changeant avec des citoyens aux envies, elles aussi, sans cesse changeantes.

Personne ne voudrait être forcé de payer un abonnement de téléphonie mobile chez Swisscom, pour ensuite préférer payer volontairement un abonnement chez Sunrise pour profiter de leurs services. Ainsi ne forçons pas les citoyens à s’abonner à la SSR, laissons-les choisir pour ce qu’ils veulent payer.

Thomas Birbaum – Membre du comité No Billag Romandie

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Journal de campagne / 12 novembre – 2 décembre

Journal de campagne

2 décembre 2018

Le mois de novembre a été riche en émotions et nous arrivons maintenant au 75% de notre objectif de financement participatif. Nous avons publié nos premières images officielles de la campagne et fait quelques vidéos et articles que vous pouvez retrouver sur nos réseaux sociaux ou sur notre nouveau site internet.

Si la présence de nos adversaires sur les réseaux sociaux se fait plus discrète, ils ont déjà commencé à distribuer des flyers dans les gares et à envoyer des prospectus ou lettres aux différents parlements du pays. On voit ici la différence de moyens. Notre #DavidVSGoliath devient plus clair. Une lettre plus problématique a été envoyée par la direction de la SSR à ses anciens collaborateurs. Il va de soit que la SSR est en mesure de les informer de la tenue d’un souper et des enjeux autour de l’initiative. Il est cependant beaucoup plus problématique de les inviter à prendre part dans le débat public en leur demandant de s’informer uniquement sur le site des contradicteurs de l’initiative. Cela va à l’encontre de leur mandat de neutralité politique et du traitement de l’information.

En parcourant les sites de nos opposants, nous pouvons voir qu’ils reprennent allègrement le prix de un franc par jour pour la redevance. Or ce montant n’est encore qu’une promesse du département de Mme Leuthard ; un projet qui, d’ailleurs, est un nuage de fumée comme nous l’avons expliqué précédemment. Pour rappel, la supercherie se résume à transférer la facture aux entreprises tout en augmentant les recettes globales. Et vous savez tous qui va payer cela.

Cela montre à nouveau, si cela était nécessaire, que cette démarche du département n’était qu’une technique de communication. Car contrairement à ce que dit sa ministre de tutelle, dans l’interview donné à la RTS où elle s’exprimait en disant que ce prix était « vraiment arrivé par hasard » après les calculs de son département, ce prix est purement politique. La plupart des journaux ne sont d’ailleurs pas passés à côté de cette ridicule assertion comme on peut le voir ici ou . La ministre prendrait elle les citoyens pour des imbéciles ? Ne chercherait-elle qu’à protéger ses lobbys et ses fonctionnaires face aux contribuables soumis à leurs services ?

Autre effet de communication : nos contradicteurs nous accusent bien souvent d’être responsables de la fin du mandat de l’entreprise Billag. C’était le cas de Monsieur Levrat (PS) qui nous accusait sur Twitter d’être responsable du chômage des employés de Billag dans le canton de Fribourg. Le conseiller d’Etat genevois François Longchamp (PLR) dans un article pour la Tribune de Genève parle aussi d’une « conséquence du débat sur la redevance ». Ces accusations soulignent un grave problème : nos politiciens semblent mandater ces entreprises non pour des raisons raisonnables d’intérêt public mais à des fins de communication politique. Cela fait réellement peur.

Le pire étant que ces personnes osent dire que nous devons être satisfaits de ces modifications et les traiter comme des « victoires ». Ils croient réellement que changer le nom de Billag par Serafe répond à un changement de système que réclament avec force les signataires de cette initiative ! Ils croient que les gens sont remontés uniquement contre une entreprise particulière et non contre le système de la redevance en lui-même, nous accusant même d’être des menteurs, en prenant le terme de « NoBillag » pour notre campagne. Croient-ils vraiment que les initiants se battent uniquement contre une entreprise de perception ? Nous assistons ici à une énième tentative ridicule de détourner le regard et d’attaquer la crédibilité de la campagne. On rappellera qu’au moment de lancer la récolte de signatures, le changement n’était évidement pas connu. Et pour ceux qui doutent du manque d’efficience des choix de nos politiciens, Serafe toucherait environ 18 millions par année pour la perception. Billag à ce jour ? Plus de 50 millions par année ! On se moque de qui ?

Autre élément rhétorique du discours de nos adversaires : on essaie de donner une étiquette aux initiants. Comme souvent, le but est de donner des caractéristiques dépréciatives pour que les gens identifient un camp avec quelques mots-clés et traits idéologiques. Le travail principal a donc été d’associer notre initiative à l’UDC ou aux mouvements d’extrême-droite. On peut voir par exemple sur cette image du site de nos contradicteurs que notre initiative viserait à remplacer nos chaines régionales et nationales par Fox News, Russia Today, téléblocher ou CCTV (télé nationale chinoise). Une tentative ridicule de dire que notre initiative est proche des régimes totalitaires ou de riches industriels conservateurs. Blocher lui-même explique qu’il n’investira pas en Suisse romande ou dans la presse audiovisuelle de façon générale.

Non No Billag

Evidemment c’est loin d’être le cas. Notre comité et nos soutiens regroupent des gens divers qui ne supportent plus ce système d’imposition et de redistribution arbitraire de notre argent. Même si de nombreuses personnes sont remontées face aux traitements biaisés des médias publics (voir cet exemple), l’objectif de notre initiative n’est pas la réorientation idéologique de l’information mais le libre-choix des consommateurs. D’ailleurs, selon les recherches effectuées récemment, les journalistes du privé ne semblent pas beaucoup plus à droite que ceux du public.

Nous avons d’ailleurs le soutien étonnant d’un groupe s’appelant « Progressistes pour l’abolition de la redevance Billag » sur Facebook qui ont notamment interrogé un ancien inspecteur de l’entreprise Billag qui a choisi de s’exprimer anonymement sur le quotidien de son travail. Nous avons aussi reçu des messages de soutien de personnes se disant issues du marxisme. Vous pouvez trouver une analyse selon leurs visions sur ce blog. C’est très clair, le soutien populaire est large.

La stratégie adverse semble se limiter à balancer des slogans catastrophistes (fin de la cohésion nationale, fin des médias, chômage de tous les journalistes, etc…) et à caricaturer les initiants en d’horribles fascistes adeptes des théories du complot et des « fake news ». Tout cela en nous faisant croire qu’ils font des efforts pour répondre à nos réclamations. En plus de se draper d’une cape de chevalier de la moral, ils nous font croire à leurs bonnes volontés par des petits tours d’illusions.

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Nous croyons clairement que les citoyens suisses seront capables de voir ce qui se cache derrière ces arguments, d’identifier ces farces et de comprendre les enjeux réels. Il est temps de réclamer nos libertés contre tous ces lobbistes et politiciens qui ne cherchent qu’à maintenir leur bien-être personnel à l’encontre de notre liberté et du Bien Commun.

Frédéric Jollien pour le comité NoBillag romand

 

Journal de campagne

Journal de Campagne NoBillag Romandie

Première période du 18 octobre au 12 novembre

La campagne a été officiellement lancée le 18 octobre lors de l’annonce de la Chancellerie fédérale de la date de votation de notre initiative : cela se déroulera le 4 mars 2018 en parallèle de la votation sur le nouveau régime financier 2021.

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Le même jour, la Conseillère fédérale, Mme Doris Leuthard annonçait le projet de mise en application de la nouvelle LRTV votée en 2015 et qui avait passé de justesse la rampe, en réunissant une majorité historiquement faible de 50.01%, soit quelques 3000 voix d’écart. Le message de la ministre est centré sur la baisse de la redevance pour les ménages à 365.- par année, soit un coût symbolique de un franc par jour. Plus surprenant, la ministre annonce vouloir plafonner les dépenses de la SSR, grande bénéficiaire du système (elle touche à ce jour plus de 90% de la redevance). Une main est tendue envers les médias privés qui demandaient depuis toujours une plus grande part du gâteau. Tout est symbolique et purement politique : l’idée étant de faire un bon geste vers les citoyens et les médias privés mécontents. La réalité de ces « améliorations » est tout autre : les entrées d’argent vont augmenter suite à l’élargissement de la redevance du fait que tout ménage ayant accès à internet se voit maintenant imposé. De plus, dans l’ensemble les entreprises voient leur facture augmenter en ayant désormais une taxe basée sur leur chiffre d’affaire. A des fins évidentes de communication, le département a exempté les plus petites d’entre elles mais le mal est fait : les entreprises paieront plus et nous avec…

Finalement les entrées de la redevance augmenteront pour la société civile mais, par un jeu comptable et de communication diablement efficace, Madame Leuthard se donne une image de réformatrice rigoureuse. Notre rôle sera de le dénoncer : c’est de la pure communication.

Notre campagne a donc été lancée. Principalement sur les réseaux sociaux qui nous offrent une liberté de parole et d’interactions avec les gens que nous ne pouvons atteindre avec les médias traditionnels. Nous publions des articles dans quelques journaux mais les journalistes des chaines publiques et les politiciens ont clairement le dessus sur ces canaux.

Les réseaux sociaux offrent cependant un défi de communication : nous devons vivre avec des commentaires de partisans qui n’ont pas le même soucis d’éthique du débat que nous souhaitons avoir. Contrairement aux dire de M. Tornare, conseiller national, nous constatons cependant que notre revendication n’est pas le fait de quelques « crétins » ou « d’extrémistes » mais d’une frange importante de la population qui voit clairement l’aberration du système actuel. Les raisons de l’exaspération sont nombreuses. Une partie d’entre-eux sont consternés par le manque de neutralité des journalistes de la SSR. D’autres sont plutôt énervés du montant prélevé et du gigantisme de l’entreprise SSR. Des pages non-officielles sont ouvertes. Notre premier travail a été de discuter avec ces gens pour éviter que le débat ne se transforme en campagne d’insultes.

Mais les émotions sont bien présentes dans les deux camps. Les dérapages de personnalités politiques et de journalistes se rajoutent à une ambiance de fin du monde que les contradicteurs souhaitent propager. NoBillag = fin des médias radio/TV, NoBillag = fin de la cohésion nationale, NoBillag = anti-démocratique, etc… Si Billag servait à soutenir un projet d’aide humanitaire, nous serions sans doute aussi accusé d’affamer des populations.

Manuel Tornare : le philosophe.png

Nous constatons que malgré notre engagement sur les réseaux sociaux, nous sommes à des années lumières de bénéficier des moyens de nos contradicteurs : vidéos finement réalisées, graphiques professionnels, flyers déjà en distribution… Nos Memes Viraux et notre petit cochon en logo font pâle figure à côté de cette machine de guerre nouvellement enclenchée.

Nous décidons donc d’en appeler aux donations volontaires et nous prenons le risque de tenter de soulever le plus large financement public de l’histoire des campagnes politiques en Suisse. L’objectif est ambitieux : 100’000 francs. Ils se rajouteraient à notre mise actuelle qui s’élève actuellement à quelques 30’000 francs. De notre côté, les projets ne manquent pas, mais si nous voulons un peu de qualité, il faudra s’en référer à de véritables professionnels. Par cette communication, nous voulons lever les voiles d’émotions et parler concrétement de la solution organique et volontaire que nous proposons à cette direction politique et corporatiste des médias.

Nous décidons d’utiliser le portail wemakeit.ch, plateforme de Crow Funding suisse reconnue. Après validation du projet et deux jours de collecte fructueuse (plus de 10’000 francs), notre projet est banni de la plateforme ; la direction ayant trouvé notre initiative trop extrêmiste. L’argent est donc retourné aux donateurs et nous nous retrouvons avec un projet avorté et une image écornée.

Nous regrettons cette décision mais ne pouvons guère nous indigner face à la politique commerciale et au manque de professionnalisme franchement ridicule de cette organisation. Nous ignorons les raisons véritables de ce revirement (politiques ?) de cette plateforme. Nous avons de la peine à comprendre comment une initiative fédérale acceptée par la chancellerie et soutenue par plus d’une centaine de milier de signataires pourrait être plus « extrêmiste » qu’un projet de « cours de math à Mme Gössi » lancé par les Jeunes Verts bernois en septembre passé.

Nous ne nous décourageons pas et recevons le soutien d’un jeune informaticien qui créé en urgence une plateforme de crowfunding hébergée sur son serveur. L’aide est bienvenue et nous relançons rapidement la campagne de collecte qui aujourd’hui s’élève déjà à plus de 50’000 CHF.

Le dimanche 5 novembre nous avons rassemblé le comité ainsi que les militants de NoBillag Romandie à Lausanne pour une première grande réunion. Les objectifs ont été posés, les projets sont lancés et nous sommes désormais prêts à travailler avec ardeur à la réussite de ce changement substantiel de notre politique médiatique suisse.

Merci d’avance pour votre soutien et au plaisir de partager et échanger avec vous durant les prochains mois à venir.

Pour le Comité NoBillag Romandie

Frédéric Jollien