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Discours fin de campagne – Frédéric Jollien

Chers amis, chers supporters et activistes pour la liberté, mesdames messieurs,

Aujourd’hui les citoyennes et citoyens de ce pays décideront de mettre fin ou non à l’obligation de payer pour une redevance de radio et télévision.

Voilà maintenant 4 ans que Florian Maier, un des trois initiateurs de ce projet, me présenta à Fribourg le projet pour mettre fin à une injustice et une incohérence dans notre paysage médiatique. J’ai choisi de m’engager pour cette initiative en Romandie et je fus rapidement rejoint par Nicolas Jutzet qui en pris la présidence ainsi que de nombreux jeunes libéraux-radicaux et UDC francophones.

Fatigué de devoir sans arrêt être sur la défensive pour affronter les idées étatistes de nos adversaires, nous avions fait le choix de prendre les devants et de rappeler aux suisses que notre pays est riche du respect qu’il porte à la liberté de ses citoyens, que la politique doit être limitée pour promouvoir la diversité et empêcher le jeu des rentes, des lobbys et des corporations.

Benjamin Constant, un grand penseur et philosophe romand disait dans son discours célèbre à l’Athénée royale les mots suivants :

« Les dépositaires de l’autorité sont disposés à nous épargner toute sorte de peine, excepté celle d’obéir et de payer ! Ils nous diront : « Quel est au fond le but de vos efforts, le motif de vos travux, l’objet de toutes vos espérances ? N’est-ce pas le bonheur ? Eh bien, ce bonheur, laissez-nous faire et nous vous le donnerons. » Non, Messieurs, ne laissons pas faire. Quelque touchant que soit un intérêt si tendre, prions l’autorité de rester dans ses limites. Qu’elle se borne à être juste ; nous nous chargeons d’être heureux. »

L’autorité politique et les corporations soutenues par son financement obligatoire se targuent d’être les seuls à pouvoir garantir une information libre et indépendante et de permettre cette information dans toutes les régions linguistiques de ce pays, ignorant au passage la presse écrite qui assure une information variée et de qualité dans tout notre pays sans être liée à un financement obligatoire.

Du haut de leurs grandes tours d’ivoire à Genève ou à Zürich, ces médias nous disent que sans notre servitude béate, aucune télévision et radio de qualité ne pourrait survivre, insultant au passage nos volonté, notre intelligence et nos choix. Le Tessin compte aujourd’hui trois quotidiens, deux titres dominicaux, trois magasines et une chaine privée montrant que la population suisse est attachée à l’information locale et que nous n’avons pas besoin d’être les mendiants des autres régions linguistiques et de créer des tensions entre les régions pour faire vivre des médias à notre hauteur.

L’initiative populaire nous permet de contourner les intérêts de la politique pour que les citoyens puissent directement reprendre en main leurs libertés confiscées. Au 20ème siècle à l’entrée de la première guerre mondiale, les Etats européens, confrontés à la pensée collectiviste la plus violente de l’histoire, avaient confisqués les antennes de radio privées pour des raisons de sécurité et afin d’empêcher la « propagande » étrangère. Le monopole de l’Etat sur ces canaux médiatiques ne fut levé que dans les années 80 sous la pression des radios pirates, autrefois illégales. Notre système actuel de distribution de privilèges et l’avantage profond de la SSR dans ce marché reflète encore cet ancien monopole.

Comme l’a dit Olivier Kessler, notre combat a été tout d’abord moqué, ignoré puis combattu par les milieux concernés à hauteur de plusieurs millions. C’était véritablement un combat de David contre Goliath !

Nous avions une tâche pédagogique absolument gigantesque et nous étions confrontés à une difficulté majeure : la peur du changement des suisses. Ce conservatisme est bien souvent salutaire dans notre pays pour éviter de détruire les valeurs libérales de notre pays mais aujourd’hui il s’ agit de lever une taxe relativement moderne dans l’histoire suisse et contraire à l’esprit de libre entreprise qui règne majoritairement dans ce pays.

Nous avons ainsi levé le tabou qui règne sur le service public. Nous avons mis en exergue les bricolages légaux de l’OFCOM pour établir des prix de campagne (le fameux 1CHF/jour) et sa plus large distribution de privilège afin de contenter un maximum de médias. Le citoyen a été dupé : on lui a vendu une baisse de la redevance alors qu’on a étendu cette facture à la totalité de la population que le citoyen possède une tv ou non et amplifié la facture sur les entreprises, se voyant ainsi doublement taxé complètement injustement. Ces élus n’ont pas de cohérence, seul règne l’intérêt de se faire bien voir par la population et les lobbys par tous les moyens possibles.

Aujourd’hui nous allons découvrir le résultat de cette campagne. Quelque soit le résultat, je suis très fier de nous. Nous avons osé affronter la caste « des intouchables », ceux qui dirigent l’information et donc l’opinion public, soit disant des garants de notre intelligence et de la démocratie. Nous avons challengé ce statu quo qui se moque de nous… mais pas de notre argent.

Je voudrais tous vous remercier mais principalement le comité romand, composé quasiment uniquement de jeunes. Un merci aussi à l’USAM de nous avoir suivi dans notre combat. Ils ont une véritable éthique de l’entreprenariat et nous saluons leur courage. Un merci aussi à l’UDI et au soutien de Rouge FM qui a osé s’afficher comme un média indépendant de la politique.

Merci à vous, je vous souhaite une bonne journée et que vive la Suisse libre !

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La liberté  ne m’effraie pas

Aujourd’hui, si je m’engage pour l’initiative No Billag, c’est parce que j’ai confiance. Tant pis si je me mets à dos ceux qui auraient pu me permettre un futur en politique. Je ne me tairai pas. Actuellement, les Suisses choisissent leur nourriture, leur formation, leurs législateurs, mais pas leurs médias audiovisuels. Comment peut-on estimer que la population est incapable de choisir ses médias, alors qu’on lui permet de faire des choix vitaux pour l’avenir de notre pays?

Non, nous n’avons pas tous les mêmes envies. Certains préfèrent bouquiner, d’autres regarder le dernier Temps Présent, ou encore s’enthousiasmer pour Danse avec les Stars. Grand bien leur fasse! Ça n’est pas à moi, ou à quiconque d’autre, de vous forcer à financer les loisirs d’un autre. Les radios et télévisions suisses font un travail superbe, cependant elles ne sont pas les seules à proposer de l’information (la presse écrite?) ou du divertissement (Netflix? Spotify?). Pourtant, seuls les médias audiovisuels touchent une rente. Qu’on en use ou non. Les jeunes regardent par ailleurs de moins en moins la télévision. Nous préférons utiliser d’autres supports plus adaptés à nos envies.

Je comprends que la transition fasse peur. Mais l’ancien modèle a vécu. Il est temps de le remplacer. Il date d’une époque où la seule possibilité d’avoir la télévision était par le biais d’un financement étatique. Est-ce vraiment encore le cas aujourd’hui? Avec Internet, on peut contrôler qui consomme quoi. Les producteurs peuvent donc restreindre l’accès et le consommateur peut cibler ses envies. Il existe une multitude de plans B. Pas plus tard que la semaine dernière, des députés valaisans ont proposé un abonnement cantonal de 7 francs par mois pour les radios et télévisions locales sur le modèle du consentement présumé. Tout ménage ne voulant pas d’un tel abonnement pourrait y renoncer et donc ne rien payer. On ne peut prédire avec certitude ce que la population fera une fois sa liberté retrouvée. Mais on ne peut pas non plus prévoir ce qui se passera en cas de non. Il n’y a aucune garantie de changement, aucune garantie que ce pour quoi on vous oblige à payer sera de qualité. La seule certitude, c’est que vous passerez à la caisse.

Cette campagne est menée par des jeunes. Enfin, on s’intéresse à ce que nous pouvons penser. On nous reproche notre âge, notre inexpérience, notre ambition. Certes. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit d’avoir des idées légitimes et de nous battre pour elles. À ce vieux système qui veut nous faire taire, nous répliquons: le monde de demain, nous le vivrons.

Par mon vote le 4 mars, je dis oui à une liberté retrouvée. Ce système dépassé et injuste ne mérite pas mon soutien. Oui à No Billag le 4 mars. Parce que la liberté ne m’effraie pas. Et vous?

Louise Morand – Responsable No Billag Genève

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Entre corporatisme et liberté

Lorsqu’on est en voyage, on est souvent impressionné par les différences significatives qui existent entre les organisations politiques des pays. Je discutais récemment avec une journaliste française qui apprit avec étonnement que dans notre pays la presse écrite ne touche pas de subvention directe de la part de l’Etat. Chaque année en France, l’Etat distribue plusieurs centaines de millions d’euros en aide directe aux journaux du pays et leur donne également une quantité importante d’aides indirectes ainsi qu’un abattement fiscal pour les journalistes. Lorsque la baisse du lectorat et les revenus publicitaires se firent sentir en 2016, c’est la ministre de tutelle qui annonça un soutien indéfectible aux journaux pour empêcher leur disparition. En Suisse romande, l’Hebdo disparut et on lui rendit hommage tout en saluant le courage des nouveaux entrepreneurs qui lancèrent un journal sur un nouveau modèle éditorial.

Je notais avec amusement que comme ici pour défendre la redevance, ces subventions françaises sont justifiées officiellement par une nécessité de « représentativité de la pluralité des médias» ainsi que pour défendre le « débat et le pluralisme démocratique ». Pourtant en Suisse, malgré une bien moindre population, nous maintenons une diversité de la presse et une couverture régionale exemplaire et cela sans subvention nationale.

Quand les changements de goûts, de technologie ou encore de valeurs transforment les habitudes des citoyens, le principe de base de la Suisse est de respecter leurs avis. Lorsque les fichiers musicaux électroniques apparurent, personne ne leva le petit doigt pour les disquaires. Les entreprises naissent, se transforment et parfois meurent. C’est le secret d’une société qui évolue, qui choisit et qui prospère.

En Suisse, si c’est le cas pour la presse écrite, il en va tout autrement de la télévision et de la radio. Malgré la perte d’auditeurs, nous n’avons cessé de payer de plus en plus pour leurs services. Depuis l’entrée en vigueur de la redevance, la facture n’a cessé de prendre l’ascenseur malgré l’augmentation de notre population et l’amélioration technologique. La raison est simple : le citoyen n’a pas le choix de payer ou non. Il est captif. Le montant est un prix politique fixé par le gouvernement en interaction avec les lobbys concernés. En Suisse, comme ailleurs, le corporatisme est la clé pour certaines entreprises dans le but de lutter contre l’instabilité d’une société libre.

Nos médias, et il est important de le souligner, ne sont pas aussi politisés et aidés que dans les pays alentours. Nous n’avons pas de culte médiatique du politique, pas de gouvernement majoritaire et le politique est par conséquent moins incité à accorder des privilèges aux médias ou à les contrôler. La fragmentation du pouvoir de la Suisse et la faiblesse médiatique de nos politiciens de milice a certainement favorisé à notre pays un environnement plus propice à la liberté.

Aujourd’hui, face aux changements technologiques, les entreprises se transforment et s’affrontent sur un même canal médiatique : l’internet. Les chaines de télévision se mettent à écrire des articles accompagnant leurs vidéos en ligne et la presse écrite filme ses interviews. Les frontières entre les canaux médiatiques s’amenuisent et s’effacent. Cette mutation de l’industrie des médias restructure totalement nos habitudes mais elle nous met surtout face à des incohérences institutionnelles que nous maintenions depuis des décennies : nous avons des médias avec clientèle captive et d’autres avec une clientèle libre.

L’initiative NoBillag, en dehors des slogans et des cris d’orfraie, pose une réelle question de société : souhaitons-nous un paysage médiatique soumis à la politique et à son jeu, ses logiques, ou aux citoyens et à leurs choix ?

Nous n’avons jamais caché que les valeurs que nous défendons avec cette initiative impliquent du mouvement et des changements. Nous pensons sincèrement que si la Suisse va si bien et est le pays le plus libre économiquement en Europe, ce n’est pas un accident mais le fruit d’une histoire et d’un régime politique où les citoyens peuvent dire « stop » à la politique et leur clientélisme. Nous vous invitons à revendiquer vos droits, notamment celui de choisir, à rétablir un environnement sain et cohérent dans nos médias et à séparer clairement la politique des médias en disant OUI à l’initiative pour la suppression des redevances radio/télévision.

Frédéric Jollien

Membre du comité NoBillag